Grenadier – 716.Infanterie-Division

Grenadier armé d’un RPzB.43 (Raketen Panzerbüchse 43, Lance-roquette antichar de calibre 8,8cm dit « Panzerschreck ») et d’un pistolet automatique P.08 de calibre 9mm Luger.

Il est revêtu d’un ensemble hivernal composé d’une capote en laine et d’un pantalon matelassé réversible de fabrication précoce (Côté vert et blanc) porté par-dessus son uniforme.

A ses pieds, se trouve une caisse de transport pour deux roquettes de 8,8cm. (Il existe deux types de munitions différenciés par une croix : utilisation entre    -5°/+50° ou un cercle : utilisation entre -40° et +20°).

Il appartient à une unité d’infanterie de la 716.Infanterie-Division crée le 2 mai 1941 et positionnée dans le secteur de la manche.

La division fût engagée contre les forces Britanniques en juin 1944 à Caen lors du débarquement Alliés. En aout 1944, la division se trouve dans le sud de la France, à la suite du débarquement de Provence le 15 août elle se replie dans le nord-est avant de prendre part au combat dans les Vosges d’octobre à novembre 1944.

Elle amalgame le même mois des restes d’unités hétéroclites avant d’être engagée dans la Poche de Colmar.

Jean AUDEBERT 1911 – 1975

Jean Audebert est né le 20 mars 1911 à Poitiers dans la Vienne.

Il a vécu son adolescence à Royan (17) jusqu’au bac puis il a été en classe préparatoire à Bordeaux (33).

Engagé volontaire pour 8 ans au titre de l’Ecole Spéciale Militaire (St Cyr) à la suite du concours de 1931.

Il préparait Navale mais est entré à St Cyr avec la promotion 1931-1933 « Tafilalet ».

Jean était très sportif : natation, tennis et il faisait partie d’une équipe de volley-ball qui jouait sur la grande plage de Royan.

A St Cyr il faisait partie de l’équipe de rugby.

Ci-dessous avec son équipe (accroupi, le deuxième en partant de la droite.

Le 1 octobre 1933 il valide son cursus et quitte St Cyr avec le grade de Sous-Lieutenant.

Il est affecté au 141ème Régiment d’Infanterie Alpine (141ème RIA) à Marseille et est détaché à Draguignan le 18. Bon skieur il commande la section d’éclaireurs-skieurs. Il est promu au grade de Lieutenant le 1 octobre 1935.

En novembre 1935 il répond à l’appel de candidature pour le premier stage de formation des parachutistes français. Il est sélectionné et est détaché provisoirement dans l’Armée de l’Air, au Centre-Ecole d’Istres fin 1936. A Istres il y a trop de vent et les formateurs décident de déplacer le stage à Avignon Pujaut où il y a de meilleurs conditions météo.

Jean Audebert (avec encore sa « tarte » de chasseur alpin sur la tête) à son arrivée à Avignon-Pujaut avec les autres officiers de toutes armes confondues en novembre 1936.

Jean Audebert équipé et prêt à effectué un saut pendant sa formation début 1937.

…Extrait de son carnet de saut en février 1937 à Avignon-Pujaud…

…Photo de groupe lors du stage avec jean Audebert en tenue d’aviateur sur la droite…

…Il obtient le Brevet Militaire de Parachutiste de l’Infanterie de l’Air n°4…

…on le voit ci-dessous à la fin de son stage avec ses amis les Lieutenants MAYER (brevet n°8) et FOUCAULT(brevet n°14)…

Liste des premiers parachutistes brevetés – collection Musée des troupes aéroportées.

Il arrive au 601ème Groupement d’Infanterie de l’Air (601ème GIA) à Reims le 1 avril 1937.

Le Lieutenant Audebert debout à l’avant du camion au centre lors du défilé du 14 juillet 1937 à Paris avec le 601ème GIA – collection Audebert.

Détaché en Afrique du Nord il débarque à Alger le 5 mars 1939.

En raison de la mobilisation générale il rejoint la métropole et arrive à Istres le 2 octobre 1939.

Il fait alors parti des Corps Francs constitués à partir de la 1ère Compagnie de marche de l’Infanterie de l’Air et participe aux opérations effectuées du 14 février au 11 mars 1940 dans le « no man’s land alsacien » entre Lembach et Obersteinbach (secteur de Niederbronn-les-Bains dans le Bas-Rhin).

Une section d’un des groupes du Corps Franc en 1940.

Le 15 mars 1940 il est nommé au grade de Capitaine.

Il est cité une première fois à l’ordre de la 55ème Brigade d’Infanterie Alpine par décision n°49/59 du 8 mai 1940 :

« Officier d’une rare intrépidité. Toujours prêt pour les missions dangereuses. Commandant une section de l’Infanterie de l’Air, a participé, pendant 3 semaines, à toutes les reconnaissances, patrouilles et embuscades exécutées par les groupes francs du 1/165ème R.I.F. et du 27ème B.C.A et qui ont permis de recueillir des renseignements précieux pour le commandement. Les 17 et 18 févier, au cours d’un vif engagement à courte distance avec une patrouille ennemie, a fait preuve d’un mépris absolu du danger et de cran sous les rafales d’armes automatiques ».

Cette citation comporte l’attribution de la Croix de Guerre 1939-1945 avec étoile de bronze.

Après la défaite de juin 1940 il est muté au Groupe aérien 1/38 le 26 août puis affecté sur la base aérienne 117 (BA 117) à Aulnat le 12 septembre 1940. Début 1941 il est rattaché successivement à la BA de Salon de Provence, Orange, Toulouse-Francazal avant d’être affecté le 10 octobre 1941 à la Compagnie de l’Air n°1 stationné à Oued-Smar (banlieue Est d’Alger) où il rejoint ses anciens camarades des Groupements de l’Infanterie de l’Air (GIA).

Lieutenants Audebert, Mayer et Foucault – collection Audebert.

Le 1er février 1943 il est affecté au Bataillon de Chasseurs parachutistes n°1 (BCP n°1) à Fès au Maroc, qui devient officiellement 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes (1 RCP) en date du 1er juin 1943.

Il est désigné le 1 juin 1943 pour commander le dépôt Ecole (centre d’instruction), passage obligé pour tous les jeunes engagés voulant devenir de valeureux chasseurs parachutistes.

Il fait mouvement de Fès à Oudja le 7 octobre 1943 et s’installe avec le régiment au camp des Anglades pour suivre le stage du fameux et redouté Airborne Training Center (A.B.T.C.) américain encadré par les « All Américan » de la célèbre 82nd Airborne Division US.

Le 3 décembre 1943 le régiment tout entier saute dans le secteur de Nemours en Algérie, le 1er RCP est maintenant bien entraîné, équipé et prêt à en découdre pour libérer la France.

Le 20 décembre 1943 le 1er RCP quitte Oudja et s’installe à Félix-Faure pour le Ier Bataillon et à Bordj-Menaiel pour le IIème Bataillon.

Jean Audebert quitte l’Algérie avec le 1er RCP le 9 avril 1944 pour atterrir à Trapani en Sicile où l’entraînement va se poursuivre.

Il arrive à Rome entre le 7 et 11 juillet 1944 où le 1er RCP va célébrer le 14 juillet par une prise d’armes et une audience auprès du pape Pie XII qui reçoit les cadres et volontaires du Régiment.

Défilé du 14 juillet 1944 à Rome.

Le 5 septembre 1944 est un grand jour pour Jean Audebert et ses frères d’arme : les chasseurs parachutistes atterrissent à Valence-Chabeuil dans la Drôme et foulent à émotion le sol du territoire national qu’ils viennent libérer du joug nazi.

A partir du 28 septembre le Régiment quitte Valence pour rejoindre par la route Fauconney début Octobre…la terrible campagne des Vosges va commencer.

Jean Audebert commence cette campagne à l’Etat-Major du Régiment en tant qu’officier adjoint.

Le 8 octobre 1944 la 8ème Compagnie du capitaine Chevalier à pour objectif de prendre le village de Ramonchamp. A 10h lorsque le Capitaine Chevalier et son groupe pénètrent dans la ferme Joly (Hameau de L’Etraye) ils tombent nez à nez sur une vingtaine de soldats allemands qu’ils neutralisent. Voyant le reste des Allemands fuir en terrain découvert, le capitaine Chevalier sort sur le pas de la porte cochère pour demander un tir des mortiers qu’il avait fait placer dans une clairière un peu plus haut : c’est à cet instant qu’une mitrailleuse allemande en position de protection de la ferme se met à ouvrir le feu et touche mortellement le capitaine qui s’effondre devant l’entrée. Ce même jour la 8ème compagnie perd également son officier en second et 7 chasseurs parachutistes (plus une dizaine de blessés).

C’est alors au Capitaine Audebert que revient la lourde tâche de succéder à son ami et commandant de la 8ème compagnie (En hommage à son chef on l’appelle depuis la compagnie « Chevalier » avec comme insigne un heaume de chevalier).

Le Lieutenant Audebert va combattre avec sa compagnie dans la forêt du Gehan, au col du Morbieux, à Travexin, la côte 1008 et 1111, La Malcoste. Après 3 semaines d’âpres combats la 8 compagnie quitte le secteur dans la nuit du 24 au 25 octobre 1944 et rejoint avec le reste du régiment Saulx-Les-Vesoul pour se reposer et se réorganiser.

Alors appelée jusque là « la compagnie Chevalier », le reste du régiment la surnomme désormais « Compagnie Audebert » du nom de son nouveau capitaine.

En hommage au Capitaine Chevalier les hommes de la 8 rajoutent « Compagnie Chevalier » sur le fanion régimentaire.

Le 1er RCP a perdu en moins d’un mois 129 hommes et 34 officiers, 57 sous-officiers, 248 chasseurs ont été blessés soit 40% de l’effectif de l’unité.

Pour son action dans les Vosges le Capitaine Audebert est cité à l’ordre de l’Armée avec Croix de Chevalier de la Légion d’Honneur :

« Remarquable commandant de compagnie, a pris par surprise le 16 octobre 1944 le village de Travexin fortement tenu par l’ennemi. Le 18 octobre, s’est emparé par une manoeuvre hardie, des fermes de la Malcoste et des hauteurs dominant Travexin, frayant ainsi un axe de avitaillement particulièrement important pour son régiment. A ainsi désorganisé le système de l’ennemi, le contraignant à abandonner le Daval et un fossé anti-chars. A totalisé 36 prisonniers, 3 canons anti-chars, 2 mitrailleuses lourdes et de nombreuses armes automatiques capturées à l’ennemi. »

Le 7 décembre 1944 Jean AUDEBERT et son régiment se dirige par la route plus à l’est dans la Poche de Colmar et arrivent le 8 décembre à Gerstheim (67) au sud de Strasbourg.

Il participe à toute la campagne d’Alsace à la tête de la 8ème compagnie où il va combattre à Friesenheim (67), à Orbey (68) à Jebsheim (68) et Widensolen (68).

Le 20 février 1945 il quitte l’Alsace en convoi routier avec le 1er RCP pour rejoindre Lons -le-Saunier (Jura) afin de prendre un repos bien mérité après les âpres combats de la poche de Colmar où 176 des leurs furent tués et 512 blessés soit 60% des effectifs du régiment.

Le 4 avril le 1er RCP rejoint la Base Aérienne d’Avord dans le Cher pour compléter ses effectifs et breveté les chasseurs parachutistes qui ne le sont pas encore.

Jean Audebert est détaché à l’Etat-major de la 24ème Division Aéroportée à compter du 28 août 1945.

Il est promu Chef de Bataillon le 25 décembre 1945.

Cérémonie du 2 février 1946 à Pau pour le 1er anniversaire de la libération de Colmar où l’on remet à Jean Audebert la Légion d’Honneur. De gauche à droite : Capitaine Thiriot (brevet n°1336) – Capitaine Le Mire (brevet n°5) – Commandant Audebert (brevet n°4) – Capitaine De Vismes (brevet n° 1442) – Commandant Mayer (brevet n°8) – collection Audebert.

Le 16 février 1946 il est muté à l’Ecole d’application d’Appui Aérien de Lindau en Bavière (Allemagne) en tant qu’instructeur.

Sétif – IIIème Bataillon du 1er RCP – collection Audebert.

Le 27 août 1949 il embarque à Marseille à bord du « Sidi-Okba » et débarque le lendemain à Philippeville en Algérie.

Il prend le commandement à Sétif du IIIème Bataillon du 1er RCP.

Sétif, février 1950..à la tête du IIIème Bataillon le Commandant jean Audebert, défile lors de l’arrivée du général Kientz – collection Audebert.
Pierre Buchoud commandant le Ier Bataillon et Jean Audebert commandant le IIIème Bataillon du 1er RCP – collection Audebert.

Le 3 novembre 1951 il embarque sur le navire «Djebel Dira » pour rejoindre la métropole où il est affecté à la Base aérienne 701 de Salon-de-Provence en tant que directeur des études militaires à l’Ecole de l’Air.

D’octobre 1957 à mars 1960 il est à Alger puis Colomb Béchar; période pendant laquelle il est cité deux fois :

Par ordre général n°122 à l’ordre de la Brigade le 29 novembre 1958 :

« Officier supérieur ardent qui, par ses contacts personnels, son allant, son enthousiasme, a su rallier à la cause nationale de nombreux musulmans. Depuis son arrivée à l’Etat-Major de la zone de l’ouest saharien en mai 1958, s’est dépensé sans compter, mettant à profit ses tournées incessantes en tant qu’officier OLAT pour rassembler les populations et leur expliquer l’action de la France. A été l’un des principaux artisans de l’adhésion massive du 28 septembre 1958 ». Croix de la Valeur Militaire avec étoile de Bronze.

Par ordre général n°144 à l’ordre du Corps d’Armée le 17 juillet 1959 :

« Officier supérieur détaché depuis mai 1958 auprès du P.C.A.D. 29/540 en qualité d’officier de liaison Air-Terre. A été, par son dynamisme, son activité et sa compétence, un auxiliaire précieux pour ses chefs ; Les 23 et 24 octobre 1958, a pris part à une importante opération dans les monts KSOVRS en assurant le marquage d’une zone de saut et de ravitaillement par air des troupes accrochées au sol, dans le massif de RHEZALA. En outre, le 28 avril 1959, lors de l’interception d’une caravane rebelle à l’est d’IGLI, a pris une part prépondérante dans le succès de l’action, en dirigeant personnellement le largage du commando de l’air au plus près de l’objectif et en découvrant ensuite le matériel transporté par la caravane. En un an, a effectué cent missions aériennes opérationnelles, représentant 266 heures de vol dont un tiers en reconnaissance à vue et appui feu des troupes au sol ». Cette citation comporte l’attribution de la Croix de la Valeur Militaire avec étoile de vermeil.

Il affecté à l’Etat-Major d’Amiens le 5 mars 1960 puis celui de Nevers le 1 septembre 1961.

Il quitte l’armée, au grade de lieutenant-colonel en 1963 après 32 ans de bons et loyaux services.

De retour à la vie civile il est professeur de mathématiques au Collège de Juilly en Seine et Marne.

Il décède le 2 mars 1975 à Toulon à l’âge de 64 ans.

Ses décorations :

Officier de la Légion d’Honneur,

Croix de Guerre 1939-1945 avec étoile de bronze (1940) et palme(1945),

Croix de la Valeur Militaire avec étoile de Bronze (1958) et étoile de Vermeil (1959).

Croix du combattant,

Médaille commémorative 1939-1945 avec barrettes « France », « Afrique » et « Italie »,

Médaille commémorative 1939-1945 avec agrafes « Libération » et « Allemagne »,

Médaille commémorative des opérations de sécurité et maintien de l’ordre en A.F.N. avec agrafe « Algérie »,

Nous remercions très sincèrement Monsieur Jean-Louis AUDEBERT, fils de Jean, pour son aide précieuse et le partage de ses archives familiales.

sources : Famille AUDEBERT – « Le 1er RCP tome 1 » de Georges Fleury – article Militaria Magasine « Le 1er RCP dans les Vosges : “La 8 ! C’est la 8 !” de Guillaume Morelli – « 1 RCP témoignages pour l’histoire » de l’ECPAD – « le 1 RCP à travers ses fanions 1937 – 2019 » des éditions Memorabilia.

Décorations de jean Audebert par année d’attribution – collection Audebert.

Unteroffizier -189.ID, Grenadier Regiment 1213.

Ce Sergent(Unteroffizier) allemand, chef de groupe, est armé d’un pistolet-mitrailleur MP40.

L’équipement de ce sous-officier comprend un porte-chargeurs, une paire de jumelles, un porte-cartes et une boussole.

Par dessus sa tenue standard en laine « feldgrau » ce soldat porte une tenue camouflée réversible : d’un côté elle est camouflée  en 3 tons (automne/printemps) et de l’autre elle est totalement blanche (hiver/neige).

Le casque modèle 1940 a volontairement été recouvert de peinture « 3 tons » pour compléter parfaitement son camouflage.

A partir de mi-décembre 1944 la 189. Infanterie Division est engagée sur le secteur de Colmar.

Le Grenadier Regiment 1213 sera totalement anéanti en Février 1945 lors de la réduction de la Poche de Colmar.

QR CODES…NOTRE HISTOIRE…découvrez l’histoire des hommes et femmes qui se « cachent » derrière les artéfacts présentés.

Il est important pour nous de pouvoir raconter et partager avec vous les histoires particulières de celles et ceux qui vécurent ces terribles évènements…qui pour certaines ou certains y laissèrent la vie pour notre liberté.

Par le biais de ces plaquettes QR codes disposées à proximité des objets, présentations concernés il vous suffira de lire le QR code avec votre smartphone pour télécharger le parcours des uns et des autres, des données techniques ou historiques.

Les textes sont illustrés par des photos et documents afin d’avoir une meilleure compréhension des évènements ou des personnes qui y ont participé (tout document complémentaire est le bienvenu).

Fruit d’un travail important (qui se poursuit) de recherches des membres et amis du Musée Mémorial, de nouvelles plaquettes QR codes viennent compléter régulièrement celles déjà en place.

Nous vous souhaitons une excellente visite pleine de découvertes.

André ROSFELDER 1925 – 2011

André naît à Oran le 26 mai 1925.

Il est le 4e descendant d’un expatrié Alsacien du village de Valff arrivé en Algérie en 1832 juste après la conquête.

Il passe une enfance heureuse dans sa famille qui tient des fermes dans la banlieue d’Alger. En 1942 à 17 ans, il rejoint un réseau de résistance et le 8 novembre 1942 occupe la rampe menant à l’Amirauté d’Alger afin de faciliter le débarquement des américains en Afrique du Nord.

Arrêté par les forces Vichystes et jeté au cachot, le jeune homme est soupçonné d’être un officier juif de la résistance: le lieutenant Cohen. Il passe deux fois en trois jours devant le peloton d’exécution mais est sauvé à la dernière minute par un contre ordre. Le 11 novembre 1942, les américains se sont rendus maître de la ville et les résistants sont libérés. Désireux de continuer le combat pour libérer la France, Il s’engage alors dans l’aviation pour devenir parachutiste mais est affecté à la DCA en raison de sa mauvaise vue.

En 1943, il est caporal puis sergent. Enfin, promu élève officier. Sur sa demande, il est affecté au 1er régiment de chasseurs parachutistes qu’il rejoint en Sicile. Le jeune aspirant passe son brevet de parachutiste ( n° 2153) le 1er septembre 1944 à Rome et est affecté à la section de mitrailleuses du lieutenant Cancel de la 3e compagnie.

Il part dans les Vosges avec le 1er RCP en octobre 1944. son chef de section le prend en main et lui apprend la conduite de l’officier français au feu: exemplarité et maîtrise de soi. Lorsque le lieutenant Cancel meurt pour la France au col du Menil, c’est à André Rosfelder que revient le commandement du peloton de mitrailleuses. Avec ses hommes il participe aux combats de la cote 1111.

Après une permission bien méritée en novembre, il retourne au combat en Alsace début décembre 1944, non loin du village de son aïeul.

Carte de André Rosfelder annotée lors de la campagne d’Alsace.

Le 14 décembre 1944 il perd deux doigts lors de l’assaut sur Bindernheim/ Neunkirch et est évacué.

Reformé, la guerre s’arrête là pour lui.

Photo de André Rossfelder sur une vue du port d’Alger.

Il repart en Algérie et s’intéresse à la géologie de ce qu’il considère comme son pays puis développe une raffinerie de pétrole autour d’un gisement prometteur à l’oued Guetterini au sud de l’Atlas. C’est le premier puit de pétrole foré avec succès en Algérie. Les affaires fonctionnent mais la concurrence des grands groupes est rude. Il fonde la RAPAL ( raffinerie de pétrole algérien). Puis devient vice président de la société des pétroles d’Aumale. Passionné par la géologie de cette Algérie qu’il a chevillé au corps, il reprend des études et cartographie les fonds marin de la cote.

En 1958, alors qu’André Rosfelder s’inquiète de la dégradation des relations entre arabes et européens dans la société Algérienne il milite avec Albert Camus pour une trêve civile. Il vit la bataille d’Alger puis l’espérance d’un nouveau départ le 13 mai avec le retour du général De Gaulle. Les années suivantes, il suit avec effroi les revirements politiques au sujet de l’Algérie Française, l’indépendance et les massacres qui suivent.

André Rosfelder participe au Putsch d’avril 1961 en prenant la direction des programmes de Radio-Alger qu’il renomme Radio-France. Il est condamné à mort par le FLN. L’échec du Putsch le conduit à la clandestinité ( il se fait désormais appeler Rossfelder) en Italie où il travaille à la Food and agriculture organization de l’ONU à Rome.

Proche des chefs de l’OAS ( Organisation Armée Secrète) il est plus proche du CNR dont il est le trésorier ( comité national de révolution) de Georges Bidault et Jacques Soustelle. C’est au nom du CNR qu’il entreprend l’attentat (raté)du mont Faron (ordre alpha dont le seul objectif est la mort du général De Gaulle). C’est au États-Unis ou il s’est exilé en 1965 qu’il apprend sa condamnation à mort pour son rôle( c’est lui qui a conçu le dispositif de mise à feu).

En Californie pendant plus de 30 ans, il entreprend de vastes explorations pour découvrir la géologie sous-marine de l’océan Pacifique. Il conduit des recherches sur plus de 60 atolls. Ses travaux l’amènent à devenir professeur à l’université de Californie. Il est également inventeur d’un ponton gonflable pour débarquer en haut peu profonde et de système de collecte des sédiments marins.

Également écrivain, André Rosfelder publie des oeuvres sur l’île de Clipperton , Magellan ou l’Algérie et remporte le prix Goncourt « Historique ».

Son ouvrage « le onzième commandement »publié en 2000 revient sur ce que fût sa vie et l’expérience algérienne qui l’a profondément marquée.

Il décède le 7 février 2011 à La Jolia en Californie après une vie bien remplie toujours au service de son onzième commandement : « tu seras fidèle aux tiens ».

André Rossfelder est titulaire de la médaille militaire et La Croix de guerre 39-45

Rédacteur : Guillaume Morelli

On vous conseille la page créée par Guillaume grand spécialiste du 1er RCP : « Histoires de Rapaces » https://www.facebook.com/profile.php?id=100070467480353

Sources :

-« Le 11e commandement » André Rossfelder

-« journal de marche de la 3e cie du 1er RCP »

Sites internet :

-« Delta et collines »

-« De Valva à Valff »

Journal: -« Del Mar Times »

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Claude FAUDOT 1917 – 1983

Lieutenant Claude FAUDOT de la 7ème compagnie du 1er RCP au cimetière provisoire de Jebsheim en 1945 – Ecpad.

Claude, Charles, Jean-Marie, François Faudot né le 7 novembre 1917 à Aurillac dans le Cantal (15). Il est le 3ème enfant d’une fratrie de 7 : Annie, Mag, Claude, Paul, Cécile, Charles et Noëlle.

Il passe son enfance à Aurillac et est scolarisé dans une école privée. Sa mère qu’on appelle Marie (elle se prénomme Jeanne en réalité) est très pieuse et son père se prénomme Joseph.

En 1936 il obtient 2 bacs, l’un en Mathématiques et l’autre en philosophie et cette même année il s’installe à Toulouse pour préparer les concours d’entrée des grandes écoles.

Engagé volontaire pour 6 ans à compter du 20 septembre 1939, il entre à l’Ecole Spéciale Militaire (ESM) de Saint-Cyr.

Présentation au drapeau des élèves-officiers de première année, le drapeau de l’école spéciale militaire (ESM) et sa garde – source : https://imagesdefense.gouv.fr/fr/le-drapeau-de-l-esm-de-saint-cyr-et-sa-garde.html

Il se porte volontaire pour l’Armée de l’Air et intègre l’Ecole de l’Air de Versailles Villacoublay le 4 octobre 1939 comme élève pilote. Il obtient le brevet d’observateur en avion.

La France et l’Angleterre déclarent la guerre à l’Allemagne le 3 septembre 1939 (commence alors la « drôle de guerre »). Pendant cette période Claude Faudot est toujours à Versailles, où il prépare le brevet de pilote. Il est présent à l’Ecole de pilotage n°101 à Saint-Cyr le 01 mars 1940.

Il est promu au grade de Sous-Lieutenant Cadre Naviguant le 20 mars 1940 et est affecté à l’Ecole de pilotage d’Orly le 1 avril 1940.

Suite à la défaite de la France en mai-juin 1940 toute sa promotion se replie vers l’Afrique du Nord (AFN) et embarque à Port-Vendres le 14 juin 1940 pour débarquer en Algérie, à Oran le 16 juin 1940.

D’aurillac à Oran – carte klm127.

Le 4 décembre 1940 il est affecté au Groupe de Transport GT 2/32 à Agadir puis au GT 1/32 à Casablanca le 26 décembre 1940 en tant qu’observateur.

Il est promu au grade de Lieutenant TD Cadre naviguant le 30 mars 1942.

Le 18 février 1943 il est affecté au GT 1/15 qu’il ne rejoindra finalement pas car sur sa demande, le 15 mars 1943 il s’engage parmi les premiers au 1er Bataillon de Chasseurs parachutistes (1er BCP) qui est en cours de création à Fès au Maroc et qui devient deux mois plus tard le 1er Régiment de Chasseurs parachutistes (1er RCP).

Le 1er BCP est dissout le 1 mai et devient officiellement 1er RCP le 1 juin 1943.

Il est affecté à la 7ème Compagnie (responsable du peloton des transmissions).

Il est détaché au dépôt Ecole du 1er BCP pour y subir les épreuves du Brevet de parachutiste.

Il fait mouvement avec le 1er RCP, de Fès à Oujda par voie ferrée, du 6 au 7 octobre 1943.

Claude Faudot (2ème en partant de la gauche) avec ses camarades lors d’une séance de saut – collection famille Faudot.

Il obtient le brevet parachutiste n° 774 à l’Airborne Training Center (ATC) de la 82ème Airborne américaine qui est implanté à Oujda.

Séance de Saut – collection famille Faudot.

Avec le 1er RCP d’Oujda il rallie St-Pierre St Paul (Algérie) du 19 12 au 20 12 1943 d’où il rejoint Bordj Menaiel (Algérie) par la route le  7 janvier 1944.

C’est de Bordj Menaiel (Maison Blanche) qu’il rejoint avec le 1er RCP par voie aérienne Trapani en Sicile le 7 avril 1944 où son entrainement intensif se poursuit.

Le 11 juillet 1944 il arrive à Rome avec son régiment.

Le 5 septembre 1944 est un grand jour; celui où il atterrit en France métropolitaine sur l’aérodrome de Valence – Chabeuil dans la Drôme pour participer à la Libération du territoire national.

De Fès à Valence-Chabeuil – carte klm127.

Le 1 RCP de Valence se dirige alors à Faucogney en Haute-Saône par la route du 28 9 au 1 101944.

Le 1 RCP se prépare au combat et connaîtra son baptême du feu dans les Vosges

Le Lieutenant Faudot participe à la campagne des Vosges du 3 au 24 octobre 1944 avec la 7ème Cie en tant que chef du peloton des transmissions.

Il prend part aux combats de la forêt du Géhan, du col du Mesnil, de la côte 1008 et 1111.

Le 16 octobre 1944 lors de l’attaque en direction du col d’oderen(68) il faut forcer le passage au col du Mesnil pour atteindre les côtes voisines en passant par les côtes 1008 et 1111 sous un déluge de feu. Un passage du journal de marche de la 7ème compagnie parle du Lieutenant Faudot et de son peloton ce jour-là :

Pour ses actions dans les Vosges il est cité une première fois :

Citation à l’ordre de la Division OG n°21 en date du 12.3.45 :

« Officier des transmissions du Bataillon montrant au feu les plus belles qualités. S’est dépensé sans compter au cours des opérations d’octobre 1944 pour maintenir les liaisons dans des conditions particulièrement difficiles et souvent périlleuses. Les 17 et 18 octobre 1944 a renforcé avec son peloton une compagnie de FV sur la position de Gehan (côte 1008). S’est distingué en repoussant des contre-attaques sévères et en infligeant des pertes sensibles à l’ennemi ».

Cette citation comporte l’attribution de la Croix de Guerre avec étoile d’argent.

Le 24 octobre 1944 il fait mouvement de Travexin à Saulx de Vesoul puis de Vesoul à Voiteur (Jura) par la route le 6 novembre 1944.

Le régiment est mis en route pour aller se battre en Alsace et fait mouvement de Voiteur à Gerstheim le 7 et 8 décembre 1944.

Le Lieutenant Faudot participe à la campagne d’Alsace du 8 décembre 1944 au 19 février 1945.

Il prend part aux combats de Benfeld(67), Orbey(68), Lapoutroie(68), Jebsheim(68), Widensolen(68) et Colmar(68).

Pour son engagement au feu il est cité une seconde fois :

Citation à l’ordre du Régiment OG n°3 en date du 7 mai 45

« Officier chef de peloton de transmission du Bataillon. A Brillamment participé à toute la campagne d’Alsace. Exemple d’abnégation et de courage tranquille, a assuré en permanence son réseau de transmissions dans des conditions difficiles et périlleuses, en particulier du 25 au 27 janvier 1945, au moulin de Jebsheim, où le poste repéré fut soumis à de violents tirs d’artillerie ennemie. A terminé la campagne avec un peloton décimé mais toujours animé du plus bel esprit de sacrifice, grâce à l’exemple que lui donnait son chef ».

Cette citation comporte l’attribution de la Croix de Guerre avec étoile de bronze.

Sur la photo ci-dessus on retrouve le Lieutenant Claude Faudot se recueillant sur les tombes de ses camarades tués pendant la campagne d’Alsace au Cimetière provisoire du 1er RCP à Bergheim (68). On distingue à l’arrière le fanion de la 7ème compagnie quittant le cimetière.

Soldats de la 7ème Compagnie du 1er RCP Mort pour la France lors des campagnes des Vosges et d’Alsace.

Claude Faudot en fin de guerre avec sa veste de saut M42 – collection famille Faudot.

Il se marie le 10 mars 1945 à Aurillac, avec Melle Simonne Mosnier avec qui il aura 3 enfants : Nicole en 1945, Patrick en 1947 et Marie-Claude en 1951.

Après la fin de la guerre il retourne dans l’aviation comme élève pilote et rejoint le Groupement de Bombardement n°11 le 25 juillet 1945.

Le 18 mai 1946 il rejoint l’Ecole de Radio Navigateur de Pau puis l’Ecole des parachutistes dans la même ville et il est détaché à l’Etat-Major de la 25ème Division Aéroportée.

Il est promu Capitaine le 19 octobre 1946.

Après être passé par la Base Ecole 705 de Cognac et 706 de Cazaux en 1947-1948 il rejoint le Groupe de Transport 1/61 « TOURAINE » à Orléans le 1 septembre 1949.

Affecté au GT 1/63 « BRETAGNE » à Thies au Sénagal le 4 mai 1950 il y arrive le 11 mai 1950. Il effectue des missions de transport de ravitaillement dans toute l’Afrique Occidentale Française (A.O.F.).

Il est fait Chevalier de la Légion d’Honneur en 1952.

En 1952 la remise d ela Légion d’Hinneur au Capitaine Faudot – collection famille Faudot.

Il revient en métropole le 29 mai 1953 et arrive le 13 octobre 1953 à la 61ème escadre de transport.

Il est promu au grade de Commandant le 01 janvier 1954.

En juillet 1954 il arrive à Saïgon et repart d’Indochine en janvier 1956. De 1956 à 1960 il est stationné au Maroc à Casablanca. Il est adjoint puis chef du 3ème bureau de l’Etat-Major de l’Armée de l’Air au Maroc. Entre 1957 et 1960 il effectue des stages et des missions de personnel navigant dans des unités de transport aérien vers l’Algérie(transport de troupes, des blessés et parachutage pour des postes isolés).

Le Commandant Faudot au Maroc en 1958 – collection famille Faudot.

Le 28 juin 1960 il débarque à Marseille et est affecté sur la base de Saint-Dizier jusqu’en février 1964, date à laquelle il est promu au grade de Lieutenant-Colonel et quitte l’Armée de l’Air après 25 ans (totalisant 825 heures de vol) de bons et loyaux services pour la France.

En juillet 1960 il est affecté à l’Etat-Major (composé d’officiers américains, canadiens, français et allemands) de la 4ème A.T.A.F. ( Fourth Allied Tactical Air Force ) de l’Otan qui est basée à Ramstein en Allemagne.  Son fils Patrick se souvient être allé visiter  Berlin-Est en 1961 , à Pâques, avant la construction du fameux mur en Août 1961.

En 1963 est nommé commandant en second de la base de Saint-Dizier. En  février 1964  il est promu au grade de lieutenant-colonel et il en prend le commandement.

A 47 ans , après 25 ans  de bons et loyaux services…2900 heures de vol, 47 sauts en parachute dont 12 à ouverture commandée il quitte le service actif.

Le Colonel Faudot en 1969 après son service actif – collection famille Faudot.

De retour à la vie civile toute la famille s’établie à Arcachon où elle s’installe définitivement en juillet 1965.

Claude Faudot est embauché comme ingénieur-documentaliste à la Société d’Etude et de Réalisation d’Engins Balistiques (S.E.R.E.B.).

Claude Faudot avec ses collègues au S.E.R.E.B. en 1966 – collection famille Faudot.

Il voit arriver les premiers ordinateurs avec des armoires gigantesques et des cartes perforées !

C’est la S.E.R.E.B. qui depuis la base d’Hammaguir dans le désert algérien, envoie dans l’espace la première fusée « Diamant et le premier satellite « Astérix » le 26 novembre 1965 et qui deviendra par la suite l’Aérospatiale, Airbus industries et ses filiales…

Claude faudot en pleine lecture en 1980 – collection famille Faudot.

Il prend sa retraite civile en 1981 et décède dans sa 66ème année le 11 août 1983 à Arcachon(33).

Ses décorations :

Chevalier de la LEGION d’HONNEUR

Croix de guerre 39/45 avec 1 étoile d’argent.

Croix de guerre 39/45 avec 1 étoile de bronze.

Médaille Commémorative française Guerre 1939-19345 avec Barette « Libération ».

Médaille Coloniale.

Médaille Commémorative des opérations de Sécurité et de maintien de l’ordre en Algérie avec barrette « Maroc ».

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Cimetière provisoire du 1er RCP à Bergheim (68) – en rouge les tombes des hommes de la 7ème compagnie Mort pour la France lors de la campagne d’Alsace.

sources : photo 1RCP/ECPAD – SHD – Journal de Marche de la 7ème Compagnie 1944-1945 – Historique du 1er RCP – colorisation klm127 – famille Faudot.

Lionel AUBERT 1922 – 2001

Lionel Aubert – collection famille Aubert.

Lionel est né le 22 mai 1922 à Tours en Indre-et Loire.

Son père Edmond et sa mère Constance née Hardy se marient en 1920 et s’installent début de l’année 1922 en limite de la commune d’Antogny-le-Tillac dans une petite bicoque vétuste (sans électricité ni eau courante) au lieu-dit « le bois chapeau » , distante de 3,5 km de l’école communale de Séligny. Edmond exerce le métier de cantonnier (précédemment il était agriculteur sur la commune limitrophe de Marigny-Marmande où il est né).

Lionel (5ans) avec ses frères Ulysse et Didier à l’école communale de Séligny – collection famille Aubert.

Lionel est l’ainé d’une fratrie de 10 enfants (4 filles et 6 garçons). Du fait de leur lieu d’habitation(« le bois chapeau »), les habitants et les enfants de l’école communale les surnomment les « Boischapiaux ».

Pour survivre cette famille nombreuse le père est obligé de pratiquer le braconnage (il n’a jamais été pris sur le fait). Lionel a d’ailleurs appris très jeune à poser des collets pour les lapins.

La famille Aubert au complet en 1935 – collection famille Aubert.

En 1930-1931 la famille déménage au lieu-dit « le marais » dans une maison modeste de 50 mètres carrés ,construite en partie par Edmond.

La petite maison du « marais » qui est toujours habitée par Vidine la sœur de Lionel – collection famille Aubert.

A l’âge de 12 ans Lionel quitte l’école et travaille pour différents agriculteurs des environs.

Le 11 mai 1939, Lionel et sa famille ont le malheur de perdre leur père.

En mai 1940, année de ses 18 ans, la France est défaite par l’Allemagne nazie et il se pose la question « qu’aurait fait mon père lui qui a combattu pendant 4 ans en 1914-18 ? »…très certainement il aurait fait du mieux possible pour protéger sa famille contre l’oppression allemande et la collaboration vichyste.

De juin 1940 à juin 1941 Lionel travaille à la ferme chez Monsieur Aubert Paul qui est agriculteur à Pussigny (37) puis au camp militaire de Nouâtre jusqu’en décembre 1941.

Devant la maison du Marais, entre juin 1940 et juin 1941 (Christian Aubert tient la laisse du chien ) – collection famille Aubert.

A partir de fin 1942 début 1943 les français nés entre 1920 et 1922 sont envoyés au Service du Travail Obligatoire (STO) en Allemagne.

Afin d’y échapper Lionel se dirige vers la Bretagne pour trouver un moyen de rejoindre l’Angleterre. Il arrive à Brest où il travaille aux déchargements des bateaux (des sacs de ciment entre autres). C’est là qu’il est contacté par des réseaux de résistance pour divers services.

Afin d’éviter les contrôles et arrestations qui s’intensifient, il quitte précipitamment Brest à pied, en longeant la côte jusqu’aux Sables d’Olonne. Des Sables d’Olonne retour à Antogny avant de tenter le passage par L’Espagne.

Parcours effectué par Lionel et son frère Christian, d’Antogny-le-Tillac à Brest puis les Sables d’Olonne avant un retour à Antogny le Tillac – carte Philippe Aubert.

Il apprend que pendant son absence la gestapo avec au moins un milicien local est venue interroger la famille à plusieurs reprises, soupçonné de le nourrir et de le cacher à proximité de la maison.

En février 1943,il décide de partir avec son frère Christian (né en 1924) menacé d’être envoyé en Allemagne à sa place. Ils vont tenter de rejoindre les Forces Françaises Libres (FFL) en Afrique du Nord en passant par l’Espagne. Le trajet suivi de Antogny à Tarascon se fait presque exclusivement à pied et n’est pas connu dans son intégralité mais nous savons qu’ils ont évités les grands axes comme Limoges, Brive ou Cahors, et sont passés plus à l’est: La Châtre, Guéret, Ussel, passage par Bort les Orgues 

Parcours effectué Par Lionel et son frère d’Antogny-le-Tillac aux geôles espagnoles – carte Philippe Aubert.

Arrivés à Tarascon les candidats à la traversée sont identifiés par les réseaux de résistance locaux (souvent à leurs mines et allures !!). Lionel, son frère, Jean Jouglas, Guyard, etc.., sont acheminés dans le hameau de Croquié. Ils sont logés dans une grange où est présent depuis quelques jours Mr Masson Paul. Dans le hameau de Croquié juste avant son départ, une dame donne de l’argent à Lionel (il y est retourné en 1974 pour la remercier, mais elle n’était pas présente ce jour-là). Ils partent à 13 (dont Paul Masson, Jean Jougla) sans passeur et sous la conduite de Mr Guyard (ancien enfant de troupe) pour tenter la traversée des Pyrénées par le port de Siguer. Pour rejoindre le hameau de Siguer il faut repasser par Tarascon, ils seront cachés pour une partie du parcours dans des charrettes conduites par les douaniers.

Le 22 mars 1943, après un franchissement du port de Siguer (2395m)  des plus pénibles à cause de la neige en abondance cette année-là (2 personnes ont de fortes engelures aux pieds) et comme de nombreux évadés de France, ils sont arrêtés et interrogés, par la Guardia Civile espagnole à la descente vers  Ordino. Ils seront transférés à la prison de Séo de Urgel. Après une dizaine de jours, Ils sont transférés au « Séminario Viejo », camp d’internement tristement célèbre de Lérida.

El Seminario de Lleida – source internet, montage klm127.

Ils se sont déclarés de nationalité canadienne pour ne pas être renvoyés en France (pour l’anecdote, par la suite, alors qu’ils se trouvent dans les étages, ils voient arriver dans la cour Jean Savatier et Pierre Laffuis (deux jeunes habitants du village de Saint-Romains tout près d’Antogny-le-Tillac) et leur lancent un papier mis en boule pour les informer qu’il faut se déclarer canadien).

La vie y est très difficile (promiscuité, mal nourris, peu de soin, mauvais traitements). Pour essayer d’améliorer les conditions de vie de son frère et de lui-même, Lionel participe à des combats de boxe dans les étages. Après une « révolte » où il est impliqué avec son ami Paul Masson, Lionel est tabassé par les gardes du camp et hospitalisé seulement après deux jours dans un état comateux.

Compte rendu du médecin espagnole suite à son intervention chirurgicale concernant Lionel Aubert, avec en particulier l’évocation de la trépanation – collection famille Aubert.

Après 5 longs mois d’internement et une vingtaine de jours d’hospitalisation (avec une opération crânienne du côté gauche) il est enfin libéré des geôles espagnoles en septembre 1943.

Courrier de l’ambassade britannique du 7 septembre 1943 – collection famille Aubert.

Par le biais d’un courrier de l’ambassade britannique, nous savons que Lionel est présent à Madrid en date du 7 septembre 1943 et grâce à cette même ambassade il embarque le 3 novembre 1943 sur le « Sidi Brahim » pour rejoindre enfin l’Afrique du Nord.

Le paquebot « Sidi Brahim » – source internet.

Quant à Jean Jouglas il a été rapatrié en Angleterre grâce à l’obtention de la nationalité canadienne. Il s’est engagé dans l’armée canadienne, a participé au débarquement de Normandie en juin 1944 et a épousé après guerre une canadienne avec qui il s’est établit au Canada.

Extrait du livret individuel de Lionel Aubert établit à Blida en Algérie, lors de son engagement au 1er RCP. Il a le matricule de l’air C17291 – collection famille Aubert.

Le 8 novembre 1943 Lionel Aubert s’engage au titre du 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes (1er RCP) pour la durée de la guerre contre l’Allemagne au dépôt du Personnel de la base n°209.  

Insigne du 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes (1er RCP) – source internet.

Il est affecté au dépôt Ecole du 1er RCP et est dirigé sur Médienna le 10 novembre puis sur Oujda au Maroc où il arrive le 13 novembre 1943.

Lionel Aubert lors de son séjour en Afrique du Nord – collection famille Aubert.

A partir de là commence une formation exigeante réservée aux troupes d’élites que sont les parachutistes.

Il rejoint le centre d’entraînement américain, le fameux Airborne Training Center (ATC) »  qui se trouve à Oujda au Maroc et qui est encadré par les hommes aguerris de la 82nd Airborne « All American. 12 kilomètres tous les jours de course à pieds au son des « Hip !Hop ! », tirs à balles réelles, exercices physiques intensifs, montage/démontage armement, manœuvres…et entraînement au saut en parachute. Le 1er RCP est entièrement équipé et armé par les américains.

Lionel Aubert effectue ses deux premiers sauts en parachute le 1 décembre 1943.

Extrait du livret individuel de saut de Lionel Aubert – collection famille Aubert.

Le 9 décembre 1943, Lionel Aubert est affecté à la 5ème compagnie (5Cie) du 1er Bataillon du 1er RCP.

Document d’affectation de Lionel Aubert dans le 5ème Cie – collection famille Aubert.

Le 16 décembre 1943 Lionel Aubert obtient l’homologation de son brevet parachutiste. Il a le brevet parachutiste n°1959.

Annotation dans sont carnet de saut concernant l’homologation de son brevet parachutiste – collection famille Aubert.

Le 22 décembre 1943, le 1er RCP quitte la 82nd Airborne pour rejoindre la région de Ménerville. Le 1er Bataillon (dont fait partit la 5ème Cie) s’établit à Félix Faure et le 2ème Bataillon à Bordj Ménaiel.

Fin décembre 1943 il participe à un défilé à Alger pour la commémoration de l’Armée Soviétique ?

En Février 1944 le 1er RCP va parfaire son entrainement en montagne (faute d’avion l’entraînement aéroporté est suspendu). En fonction des aptitudes des uns et des autres les hommes iront soit à Tikijda pour le ski ou Tala Rana pour des parcours du combattant en montagne. Lionel va suivre l’entraînement au combat en montagne (escalade, marche, tir…).

Dans le secteur de Tikijda très certainement pour le stage de ski – collection Duvivier.

Du 31 mars au 7 avril le 1er RCP fait mouvement sur la Sicile. Pour sa part, Lionel atterrit à l’aérodrome de Milo, proche de Trapani, le 4 avril 1944 et après avoir passé la nuit sur place s’installe avec le 1er Bataillon à Pacéco.

le 3ème peloton de Lionel Aubert dans les ruines de Syracuse : Eugène Brunet (2036), Charles Desport(317), Olivier Duhamel(59), Eugène Lair(963), Baudoin, Hubert Bresson(968), Jean Blanchot (754), Louis Lantrin(1737), Lionel Aubert(1959), Marc Lancrenon(1733), Ernest Charpentier(752), Robert Rousseau(1796), Raymond Duvivier(262), Michel Villefer(319), André Garcia(793), Antoine Santos(791), Gabriel Farnet(1140), Léon Basset(1509), Nicolas Brody(1950), Jacques Cassagne(291) – collection Duvivier & famille Aubert – montage Philippe Aubert.

L’entraînement reprend très rapidement, l’objectif du régiment étant de libérer le territoire national et donc, d’être prêt le moment venu : déminage et piégeage, maniement des armes de tous les types (bazooka, fusils, mitrailleuse…), attaque de blockhaus, marche, sauts…malheureusement il y aura plusieurs accidents mortels.

Saut du 3ème peloton en Sicile – collection famille Aubert.

Le 25 avril 1944 Lionel Aubert effectue son 5ème saut en parachute lors d’une manoeuvre aéroportée à laquelle participe les 2ème et 3ème pelotons de sa compagnie.

2ème et 3ème pelotons avant l’envol – collection famille Aubert.
Atterrissage des paras de la 5ème Cie – collection SENECAL.

Le 11 mai 1944 la 5ème Cie quitte Paceco et s’installe à Milo où le 14 a lieu une prise d’armes avec les américains à l’occasion de la Sainte Jeanne d’Arc.

Défilé de la 5ème compagnie le 14 mai 1944 – collection famille Aubert.

Le 5 juin 1944, revue de mobilisation car le 1 RCP doit être engagé dans l’opération « Brassard » dont l’objectif est la prise de l’île d’Elbe. Il est prévu de parachuter le régiment sur deux zones de l’île. Afin de se préparer à ce largage, les 8 et 9 juin une manœuvre aéroportée régimentaire est effectuée dans les conditions opérationnelles. Lionel effectue son 6ème saut quand il est largué vers 20h45. Cette manœuvre coûtera la vie à 4 parachutistes français. Le 12 juin 1944, la déception est grande chez les parachutistes du 1er RCP lorsque l’opération « Brassard » est annulée faute de moyens aériens suffisants. Cela aurait dû être la concrétisation et l’aboutissement de leur entrainement acharné depuis 1 an…Le moral est en berne car ces engagés volontaires sont toujours encore dans l’attente de se battre et de participer à la lutte contre l’occupant allemand.

Les 23 et 24 juin 44 la 5ème Cie effectue un raid de reconnaissance dans la région du Rio Forgia. Le 29 juin une manœuvre parachutée inter compagnies est effectuée sur le thème « L’ennemi occupe la Sicile ». Le largage a lieu à 20h30…à plus de 3,5kms de la drop zone prévue…retour au cantonnement à 4h du matin.

Départ de Sicile vers l’Italie – collection famille Aubert.

Le 7 juillet, départ en train à travers la Sicile pour l’Italie (Rome). Ce sera un voyage plein d’imprévus, les voies de chemin de fer sont coupées et des transbordements s’imposent. Le 8 arrêt à San Stephano (Santo Stefano) car le pont de chemin de fer est détruit. Liaison en camion jusqu’à San Agata di Militello avec bivouac en bord de mer. Le 9 le voyage se poursuit sans encombre. Le 10 arrivée à Messine à 8h avec débarquement du train à 10h30 pour monter dans un ferry boat pour rejoindre la « botte » de l’Italie et rejoindre Regio de calabre, puis remontée vers Gisia Taure.

De Paceco à Reggio de Calabre – carte klm127.
Le ferry à Messine – collection MUSSET.

Le 12 juillet ils arrivent à 11h30 dans la gare de Ciampino qui se trouve à une vingtaine de kilomètres de Rome. De cette gare, ils partent à 15h à pied en direction de Magliana où ils arrivent vers 20h30. La compagnie s’installe dans l’école de Magliana qui est une petite localité à 4kms au sud-ouest de Rome.

Le 14 juillet 1944, journée de la fête nationale française, prise d’armes à Rome et après la revue, quartier libre dans la « ville éternelle »pour nos chasseurs parachutistes.

La garde au Drapeau le 14 juillet 1944 à Rome – source internet.

Avec  les nombreuses unités (de plusieurs pays) stationnées dans la capitale italienne il devient nécessaire de créer une « police parachutiste » afin d’empêcher les nombreuses bagarres et de récupérer les « jeeps empruntées ».  Pour occuper nos parachutistes pendant cette période d’attente, le régiment effectue du 28 juillet au 3 août 1944 une longue marche de 157 kms. Au retour dans leur quartier à Rome , ils apprennent que les paras américains et anglais sont partis pour être largués en Provence…Une fois de plus le 1er RCP ne participera pas à une opération d’envergure (seuls 10 hommes du 1er RCP sauteront au Muy avec les alliés).

Le 4 septembre, le régiment fait mouvement; par avion; en métropole. Il se pose et touche enfin le sol de France à l’aérodrome de Valence-Chabeuil où les camarades de Lionel Aubert prennent  la pose pour la postérité sur l’épave d’un bombardier allemand Junkers 88.

Les copains de Lionel Aubert posent pour une photo souvenir sur l’empennage d’un bombardier Junkers 88 allemand. Debout de la gauche vers la droite : Louis Le Gall (brevet 753) – Jean Beaud (brevet 747) – Jacques Senecal (brevet 1801) – Hubert Bresson (brevet 968 et MPLF le 4/10/1944) et Jacques Gigleux (brevet 1556) qui est accroupi – collection famille Aubert.

La 5ème Cie s’installe au grand Haon, près de Parlanges. Le bivouac est dressé près de la ferme Clavel.

La 5ème Cie cantonnant près de la ferme Clavel – collection Musset et montage Philippe Aubert.

Le 29 septembre 1944, la 5ème Cie embarque dans des camions pour se diriger vers Bourg-en-Bresse.

Embarquement dans les GMC direction Bourg-en-Bresse – collection Musset.

A partir du 3 octobre 1944, c’est le baptême du feu pour les hommes du 1er RCP qui sont engagés dans la terrible campagne des Vosges dans le secteur du Ménil, sur le flanc droit de la 3ème DIA (3ème & 7ème RTA). 

La 5ème compagnie s’élance le 4 octobre avec pour premier objectif le col du Broché qui est atteint à 10h30. Le chasseur Bresson est le premier tué de la compagnie. A 14h30 le col de Rhamne est également pris puis l’attaque se dirige vers le col de Morbieu. Le lendemain matin, par un temps froid et humide, l’attaque se poursuit dans une forêt dense et hostile qui profite aux défenseurs et où l’artillerie et les tireurs d’élite allemands font des ravages. Le col de Morbieu est atteint le 6.

Photo prise à la côte 1008 pendant la campagne des Vosges; une partie du 3ème Peloton de la 5ème Cie dont André Musset (brevet 1766), sergent-chef Jean Couissac (brevet 1661), Charles Cheval (brevet 540), Ernest Charpentier (brevet 752) – collection Musset et montage Philippe Aubert.

Sans renfort ni ravitaillement, sous la pluie et dans le froid constant, dans l’impossibilité d’évacuer ses blessés le 1er RCP poursuit le combat face à un adversaire tenace qui contre-attaque sans arrêt. Après de multiples combats dans la forêt et le village du Ménil où la 5ème cie récupère ses blessés et son matériel sous la mitraille, le 1er RCP est maître de l’ensemble de la forêt du Géhant le 16 octobre 1944. Après la prise du col du Ménil le 1er RCP occupe la cote 1008 et la cote 1011.  Le 19 octobre la 5ème Cie, très éprouvée est envoyée au repos à l’arrière, à Travexin. Le 21 octobre arrive l’ordre au 1er RCP de se replier bien qu’il ait  atteint tous ses objectifs. Le risque d’encerclement était devenu trop important; les autres unités françaises n’ayant pas pu progresser de la même manière.

Lionel Aubert participe à toute la campagne des Vosges et à tous les combats avec la 5ème Cie, qui s’est particulièrement illustrée du 16 au 25 octobre 1944 lors de la prise du Col du Ménil, de l’assaut de la cote 1008 où elle était en tête de l’attaque le 16 octobre 1944 puis dans les furieux combats rapprochés et contre-attaques des jours suivants dans de terribles conditions climatiques dans le secteur des cotes 1008 et 1111. Lionel Aubert s’en est sorti sans blessure physique ni gelure nécessitant son évacuation. Son fils se souvient d’une discussion avec son père à ce sujet où il lui avait dit « qu’il n’était que 4 à s’en être sorti » (il parlait très certainement de son peloton de 10 hommes).

Du 3 au 25 octobre 1944 le 1er RCP aura fait preuve d’un engagement total, dans des conditions très difficiles mais avec courage et une abnégation sans faille. 129 officiers, sous-officiers et chasseurs parachutistes sont morts au combats et 339 sont blessés soit 40% du régiment. 

Le Régiment se retire à Lons-le-Saunier et Saulx-de-Vesoul pour décompresser et reconstituer ses forces. En novembre 44, pour compenser ses pertes il reçoit le renfort du Bataillon Hémon formé de FFI ayant pris part à la libération de Paris et qu’il faudra former du mieux possible dans un laps de temps très court.

Photo de groupe prise en décembre 1944 à Gerstheim(67) devant un char Panther allemand abandonné – collection Musset.

Début décembre 1944, c’est le début de la campagne d’Alsace pour le 1er RCP qui est engagé au côté de la 2ème DB, dans les combats de la poche de Colmar dans le secteur de Benfeld (67). Le 8 décembre Lionel et la 5ème Cie arrivent à Gerstheim. Le 9 décembre, lors d’une patrouille le long du Rhin, Lionel Aubert, est touché au coude par une balle. Il est hospitalisé du 9 au 20 décembre 1944. A sa sortie il rejoint immédiatement son unité pour poursuivre le combat.

Photo prise sur les hauteurs du lac Blanc dans le secteur du 1er RCP – collection famille Aubert.

Le 30 décembre, il rejoint sa compagnie, dans le secteur d’Orbey-Lapoutroie qui se trouve à quelques centaines voire dizaines de mètres des lignes allemandes.

A Plainfaing dans le secteur d’Orbey, de gauche à droite : François Pommeret (renfort du Bataillon Hémon tué à Jebsheim) – ? – Jacques Senecal (brevet 1801) – Lionel Aubert (brevet 1959) – Leopold Pithon(brevet 965) – Marc Lancrenon(brevet 1733) – collection famille Aubert.

Le 10 janvier 1945, le 1er RCP quitte les montagnes enneigées pour aller renforcer le secteur de Rossfeld théâtre de terribles combats et va y combattre jusqu’au 21.

Photo prise lors de la campagne d’Alsace- collection Musset

Après une courte pause (du 21 au 23) le 1er RCP participe aux combats de Jebsheim à partir du 24 janvier 1945. Objectif hautement stratégique, qui doit permettre aux 2 corps d’armées français de se rejoindre pour encercler et prendre la dernière grande ville alsacienne aux mains des nazis : Colmar.

Avec le Combat Command 6 (III Bataillon/RMLE, 6ème et 11ème RCA, Bataillon de Choc…) et le 254th Régiment d’infanterie US une lutte sans merci s’engage pour le 1er RCP face aux redoutés Gebirgsjäger de la 2ème Gebirgs Division, unité d’élite de chasseurs alpins qui a pour mission d’empêcher par tous les moyens la jonction des troupes françaises et la prise de ce petit village de 600 habitants transformé en camp retranché.

Sous un déluge de fer et d’acier, les combats vont durer 4 nuits et 4 jours, le plus souvent jusqu’au corps à corps. Le 30 janvier le village est conquis et est à nouveau français…mais il n’est plus que ruine et jonché de cadavres de soldats et d’animaux.

L’une des dernières maisons au Sud de Jebsheim d’où le 1er RCP lancera l’assaut final pour libérer définitivement le village – collection Famille Aubert.

Lors d’une phase de combat intense, Lionel Aubert est posté à l’étage d’une maison comme servant de mitrailleuse et son camarade tireur est tué d’une balle en pleine tête.

C’est au cours de ces combats, que Lionel Aubert est cité à l’ordre du régiment pour son action au feu :

« Chasseur courageux et ardent. S’est particulièrement distingué le 28 janvier 1945 à Jebsheim en participant avec un élan et un esprit de décision admirables à l’assaut de plusieurs maisons où l’ennemi s’était solidement retranché. »

Cette citation comporte l’attribution de la Croix de Guerre 1939-1945 avec étoile de bronze.

Citation de Lionel Aubert pour son action le 28 janvier 1945 à Jebsheim, avec attribution de la Croix de Guerre 1939-1945 et étoile de bronze – collection famille Aubert.

Les soldats français et américains ont environ 250 tués et plus de 2000 blessés. Du côté allemand on dénombre 500 tués. Petit « miracle » il n’y a que 5 tués et 4 blessés grave parmi les 600 habitants qui n’avaient pas été autorisés par les allemands à quitter le village et qui s’étaient regroupés dans les caves et granges les plus solides.

Jebsheim, le 30 janvier 1945. La patrouille du 3ème peloton de la 5ème Cie est composée (de la gauche vers la droite) de Robert Lelu (brevet 1742), Eugène Brunet (brevet 2036), Lionel Aubert (brevet 1959) et le sergent Nicolas Brody (brevet 1950) collection famille Aubert. .

A Jebsheim en 5 jours de combats le 1er RCP a 76 Officiers, sous-officiers et chasseurs tués et 167 blessés.

Malgré leurs lourdes pertes, le 1 février à l’aube, les maigres effectifs restant des 5ème et 10ème Cie s’élancent à l’attaque du village de Widensolen et le libèrent.

Après la prise de Colmar le 2 février 1945, le 1er RCP défile au champ de mars le 8 février et plusieurs de ses braves y sont décorés.

La Poche de Colmar est totalement libérée le 9 février 1945 au soir.

Le 1er RCP a payé un lourd tribut lors de cette campagne d’Alsace puisqu’il dénombre 176 tués et 512 blessés soit 60% de son effectif initial.

Cérémonie au cimetière provisoire de Bergheim après les combats de la poche de Colmar- Collection Raymond METIVIER.

Le 19 février 1945 Lionel et ses camarades quittent Colmar pour Lons-le-Saulnier où ils vont pouvoir profiter d’un repos bien mérité.

Lionel Aubert et son camarade Antoine Santos(791) – collection famille Aubert

Après cette période de quiétude le régiment arrive à Avord le 5 et 6 avril 1945 pour compléter les effectifs et breveter les nouveaux arrivants et ceux qui ne le sont pas encore (Bataillon Hémon).

Le 29 avril Lionel Aubert est nommé chasseur de 1ère classe.

Lionel Aubert et son camarade Jacques Senecal posent pour la postérité chez un photographe – collection famille Aubert, colorisation klm127.

Le 14 juillet 1945 le 1er RCP et Lionel défilent sur les Champs Elysées à Paris.

Il fait mouvement par train, de Bourges à Bayonne le 19 septembre 1945.

Le 7 novembre 1945 Lionel Aubert rentre chez lui à Antogny.

Il est démobilisé par le 1er RCP le 14 décembre 1945 et se retire à Antogny en Indre-et-Loire.

Ses Décorations :

Croix de Guerre 1939-1945 avec étoile de bronze.

Médaille Croix de Guerre 1939-1945 avec étoile de bronze.

Médaille des Evadés.

Lettre de félicitations n°5274 du 22 novembre 1943 du Général Giraud.

Les frères de Lionel…une famille engagée :

Ulysse Aubert (19 ans en 1945), combattant du maquis de Scévol et de la Poche de St Nazaire.

Ulysse Aubert – collection famille Aubert.

Didier Aubert (20 ans en 1945), combattant du maquis de Scévol et de la Poche de St Nazaire.

Didier Aubert, maquis de Scévol – collection famille Aubert.
Didier Aubert, Poche de St Nazaire – collection famille Aubert.

Christian Aubert (21 ans en 1945), évadé de France, combattant au 3ème Régiment d’Artillerie Coloniale (3 RAC) de la 2ème Division Blindée du Général Leclerc – Croix de guerre 1939-1945.

Christian Aubert – collection famille Aubert.
Citation de Christian Aubert à l’ordre du Régiment avec attribution de la Croix de Guerre 1939-1945 et étoile de bronze pour son action lors des combats de la poche de Colmar – collection famille Aubert.

Lionel Aubert se marie avec Christiane Moreau le 27 avril 1946.

Lionel et Christiane – collection famille Aubert.

Ils ont la joie d’accueillir dans leur nouveau foyer 7 enfants : 3 filles et 4 garçons. L’ainée Annie née en Août 46 et Philippe le petit dernier né en octobre 1958

Lionel & Christiane Aubert avec leur 7 enfants – collection famille Aubert.

Il fait en 1946 une formation en maçonnerie, métier qu’il exerce comme ouvrier, puis après quelques années, comme chef d’équipe jusqu’à sa retraite en 1982.

Sur un chantier dans les années 50 – collection famille Aubert.

En 1957 avec un de ses beaux-frères il construit en grande partie la maison de famille.

Week-end maçonnerie en famille en 1950 – collection famille Aubert.

Ses loisirs sont essentiellement la pêche et les pique-niques au bord de l’eau, les déjeuners et parties de cartes en famille. Comme beaucoup d’ouvrier de la campagne il fera toute sa vie un très grand jardin.

Lionel et son fils Philippe à la pêche – collection famille Aubert.

En février 1963 après de longs séjours à l’hôpital de Villejuif, Lionel perd sa chère épouse, des suites d’un cancer.

Il se remarie le 5 mars 1966 avec Jeanne Blondeau qui décèdera en janvier 1980.

Jeanne et Lionel – collection famille Aubert.

En 1968, un de ses fils débute dans les compétitions cycliste sur route jusqu’en 1971, il en est son infatigable supporter.

Course cycliste en 1970 – collection famille Aubert.

Son fils Philippe reprend le flambeau de 1973 à 2000,. Lionel partage dimanche après dimanche, semaine après semaine cette passion du cyclisme jusqu’à la fin de sa vie.  

Lionel en costume, son fils Philippe vainqueur d’une course cycliste et des membres de la famille en 1982 – collection famille Aubert.

Jusqu’à sa retraite il ne prendra jamais de vacances car il travaille comme maçon pour rendre service à la famille et amis et pour des compléments de revenus (souvent les WE).

En 1984 il épouse en troisième noce Annette Fernande Batrosse.

Vers l’âge de 70 ans il est opéré pour deux prothèses aux genoux (séquelles d’années de travail des plus physiques), pendant les examens préparatoire on lui diagnostique un myélome (cancer de la moelle osseuse). En 2001 sa santé physique générale décline.  

Lionel Aubert effectue son dernier saut le 17 décembre 2001 et rejoint pour l’éternité ses camarades du 1er RCP.

Lionel Aubert – collection famille Aubert.

Nous ne vous oublierons pas et nous vous remercions pour votre engagement au service de la France et de notre Liberté.

Nous remercions sincèrement son fils, Philippe Aubert, pour le partage de ses archives familiales et de ses écrits qui nous ont permis de rédiger ce portait, ainsi que pour le legs en 2004 des affaires personnelles de son père, qui sont exposées au sein de la vitrine dédiée aux paras du 1er RCP.

Chasseur AUBERT Lionel – matricule de l’air C17291 du 1 RCP de la 5ème Cie 3ème peloton 1ère escouade – Brevet parachutiste n°1959.

André MONCASSIN 1926 –

O’NEAL…???

CUP, M-1910, quart en aluminium daté de 1941 fabriqué par T.A.C.U.Co pour The Aluminium Cooking Ustensil Company dont le siège était à New Kensington en Pennsylvanie.

Il a été gravé par un soldat américain dont le nom est O’NEAL mais dont ne nous ne savons rien à ce jour mis à part ce qu’il a gravé sur son quart.

Il s’agit certainement des villes par lesquelles il est passé (combattu ou non?), dans quelles circonstances nous ne le savons pas.

Par contre les noms de ces villes n’ont pas été gravés chronologiquement :

VIENNE : si dans l’Isère libérée le 1/9/1944 si en Autriche prise de la ville le 13/4/1945.

BOLOGNE : libérée le 21/4/1945

FLORENCE : libérée le 11/8/1944

ROME : libérée le 4/6/1944

NAPLES : libérée le 1/10/1943

BONIFACIO : libérée le 21/9/1943

MARSEILLE : libérée le 28/8/1944

DIJON : libérée le 11/9/1944

NANCY : libérée le 15/9/1944

STRASBOURG : libérée le 23/11/1945

Ce quart était dans les affaires d’Edgar Oberlin, Colmarien et incorporé de force dans l’armée allemande ayant pu déserter en l’Italie et rejoindre la 1ère Armée Française – don de Mme Oberlin au Musée Mémorial.

O’NEAL…
Golfe de Naples….
Le fabricant T.A.C.U.Co pour The Aluminium Cooking Ustensil Company dont le siège était à New Kensington en Pennsylvanie avec l’année 1941 de production..

Jean-Pierre RIS 1924 – 1945