Albrecht ENGLERT 1924 – 2020

Jack H. MURPHY 1924 – 1945

Gabriel PALOMBA 1924 – 2016

Marceau HOEBLICH 1927 – 2006

Hubert H. A. KLEIBOEKER 1922 – 1945

Pfc Hubert Herman Arthur KLEIBOEKER – Kleiboeker Family Collection – Colorization klm127.

Pierre LEPRETTE 1921 – 1996

Pierre Leprette en tenue de saut américaine M42 – collection famille Leprette – colorisation klm127.

Pierre Leprette est né à Paris le 9 septembre 1921. Il est le troisième enfant d’une famille de 4 (une fille, 3 garçons).

Issu d’une famille de tisserands du Cambrésis son père Fernand s’illustre pendant la guerre de 1914-1918 comme lieutenant dans l’infanterie à Verdun puis comme observateur militaire aéronautique. Plusieurs fois blessé, il reçoit 5 citations. Officier de la légion d’honneur. Écrivain et poète, il fait carrière comme inspecteur général de l’enseignement français en Égypte. Il se marie en 1918 avec Simonne Guitel, institutrice, qui était infirmière volontaire pendant la guerre, d’une famille d’entrepreneurs industriels de Marly le Roy. Ils ont 4 enfants, Maud, Jacques, Pierre et André. A la mort prématurée de leur mère en 1930, Pierre, sa sœur et ses frères sont élevés à Versailles par une sœur de leur mère, Yvonne Guitel, leur père poursuivant sa carrière en Égypte.

Fernand se remarie en 1944 en Égypte avec Edith Aghion. Edith qui est d’une famille juive d’Alexandrie a de nombreux membres de sa famille en France. Durant toute la guerre Pierre se montra soucieux de leurs situation et  devenir. Beaucoup d’entre eux périrent à Auschwitz.

Fernand Leprette – collection famille Leprette.

Durant la guerre, Pierre suit les mêmes itinéraires de pensée et d’action que son père, retrouvant à distance dans l’espace et le temps les mêmes engagements inspirés des mêmes valeurs humanistes de justice sociale, d’attachement à la République et de construction européenne.

Ces valeurs, la rencontre avec sa future épouse Hélène Reynaud, les violences de la guerre, le poussent à reprendre la pratique religieuse catholique de son enfance. Son exemplaire du Nouveau Testament ne quittera pas sa poche arrière de pantalon durant tous les combats. En 1939, Pierre, comme son père en 1914 est profondément pacifiste. Lycéen inspiré par Giono, il rêve de retour à la terre, de devenir paysan. C’est l’invasion allemande qui va le pousser à s’engager dans la guerre, brisant ses rêves d’adolescent.

Pierre Leprette apprend la déclaration de guerre en septembre 1939 alors qu’il effectue un stage de travaux agricoles chez des amis en Anjou. Il vient d’avoir 18 ans. Le 13 août 1939, il écrit à son père avec enthousiasme : « Voilà mon cher Papa comment j’ai bâti ma vie à venir en pensée. J’attends ton avis avec impatience. » Son frère Jacques confia un jour :  Pierre un jour me dit : « Ce danger allemand, tout ça, ce n’est pas des fantasmes. Et si même ils entrent en France ? Ils y entrent. Imaginons. Et après, qu’est ce qu’on peut faire ? » » et son frère de poursuivre : « Ensuite, quand on voit quel a été son itinéraire (officier parachutiste, blessé, plusieurs fois cité) […] (il disait) « j’étais comme mon père ! Il avait été mobilisé comme infirmier au début de la guerre (14-18) et il n’a eu de cesse de faire ce qu’il faut pour rejoindre le front (Fernand fit toute sa guerre dans les tranchées comme fantassin). Il faut que ce soit la dernière mais chacun le paiera. Moi, je paye. »

Pierre est catastrophé. Il est lycéen et fait sa rentrée en classe de terminale à Versailles durant la « drôle de guerre ». Le 30 octobre 1939, il écrit dans son carnet avec une lucidité étonnante : « La guerre depuis déjà “deux mois” tonne là bas sur le front. La guerre est arrivée et elle dévore déjà toutes les vies humaines que lui offrent les “patries” en lutte. Cette guerre que nous avons tant redoutée, dont nous guettions depuis longtemps le dos hérissé de dards, là bas au fond de l’horizon politique, elle est entrée dans nos vies quotidiennes, bouleversant tout et se présentant comme un immense point d’interrogation pour l’avenir […]  Ce petit cahier que je commence […] sera mon Carnet de guerre, composé où plutôt commencé alors que je suis encore dans mon foyer, terminé au fond d’une casemate boueuse, sur le front ou encore (qui sait ?) peut-être jamais terminé [1]». En mai 1940, au moment de l’offensive allemande, c’est l’exode. Il quitte Paris en vélo en compagnie de son jeune frère André pour rejoindre sa famille à Royan. Il passe les épreuves du baccalauréat à son arrivée et s’endort sur sa copie. Exit le bac ! A Royan, il rencontre Hélène Reynaud, jeune femme marseillaise qui fuyait l’avancée italienne avec sa famille. C’est une vraie rencontre amoureuse qui dura toute leur vie.

Son frère André, plus jeune, remonte à Paris avec la famille, Pierre décide de se rendre à Marseille chez un oncle, le colonel René Dutrou. Pendant ce temps, Jacques, le frère aîné, mobilisé en juin 1940, vit la débandade du haut commandement et descend, en train puis à pied, avec quelques camarades, jusqu’à la frontière espagnole.

De Paris à Marseille…puis Alger. – carte klm 127.

Durant son séjour à Marseille où il passe son baccalauréat, Pierre vit très douloureusement les effets de la collaboration. Fin septembre 1940, il écrit à son père en essayant maladroitement de contrarier la censure : « Sur la situation, je ne te dirai pas grand-chose pour éviter que ma lettre ne soit arrêtée. Il suffit que tu saches que le gouvernement prend de plus en plus d’analogies avec celui d’Hitler. Aussi tu sais ce que nous en pensons. Peyrouton prépare un statut sur les Juifs. Chaque jour, des épurations massives dans tous les domaines (administratifs, universitaires, militaires, politiques) sont édictées. »

 Le 11 novembre 1940, il assiste à la cérémonie aux morts en haut de la Canebière. Il écrit dans son carnet : « Plutôt lamentable [ …] Deux ou trois applaudissements.  Seulement voilà, le Boche est là, et il ne faudrait pas montrer un peu trop de fierté. Baissez, baissez la tête, courbez-vous, rampez devant le Boche, tel est le mot d’ordre du gouvernement. Aucun ressort, aucun sursaut, rien, la veulerie la plus complète.« 

Le 15 mars 1941 (il n’a pas encore 20 ans), il écrit encore: « A quoi sert donc la collaboration, si elle n’est même pas économique (Pierre a perdu 10 kg en six mois. Sa faiblesse le fait attraper une pleurésie qui faillit l’emporter. Le froid et la faim sévissent à Marseille). Fameuse collaboration ou des deux partenaires, l’un est vaincu, et c’est toujours le même qui donne et qui ne reçoit rien. Allons M. Darlan, essayez donc de nous obtenir des Allemands qu’il nous laisse ce qui pousse sur notre sol, on s’arrangera avec ça, plutôt que d’aller faire couler nos navires par la marine britannique. »

 Pierre passe plusieurs fois la ligne de démarcation clandestinement pour retrouver les siens à Versailles et sa sœur, Maud qui, avec son mari Olivier Hatzfeld ( Issu d’une famille juive, Olivier s’est converti au protestantisme) s’était réfugié en zone sud et participait à l’aventure du Chambon sur Lignon comme professeur d’Histoire-Géographie à l’École Cévenole. Comme ce dernier, avec l’humour qui le caractérisait, confiait un jour à ses neveux : « Je n’ai pu passer mon Capes. J’étais trop juif aux yeux du gouvernement pour passer les concours mais pas assez pour que l’on puisse se passer de mes services (Ancien responsable scout, il avait été recruté pour s’occuper de la jeunesse). 

Sauf-conduit du 26 septembre 1941 de Pierre Leprette – collection famille Leprette.

Pierre rejoint Alger, fin  septembre1941 pour préparer le concours d’admission à l’école d’agronomie et retrouver son frère aîné Jacques.

Au moment du débarquement américain de novembre 1942 à Alger, il cherche à s’engager dans les Forces Françaises Libres (FFL). Son frère le convainc d’attendre d’être mobilisé, ce qui arrive très vite.

Pierre Leprette à Blida en Algérie – collection famille Leprette.

Le 29 décembre 1942 il est  affecté dans l’Armée de l’air et il rejoint le 3ème bataillon d’instruction d’Aviation.

 Son frère Jacques s’engage dans le Régiment de Marche de la Légion étrangère (RMLE).

Jacques Leprette en janvier 1945 – collection famille Leprette.

Le 15 février 1943, son instruction terminée, il rejoint Fès au Maroc puis Oujda, pour suivre le stage d’élève parachutiste de l’Airborne Training Center (A.T.C.) de la célèbre 82nd Airborne américaine.

Pierre Leprette, équipé avec son parachute ventral et dorsal, à Fès au Maroc- collection famille Leprette.

Il est breveté parachutiste en date du 8 avril 1943 et obtient le  brevet parachutiste n° 748.

Diplôme du brevet militaire d’aptitude aux fonctions de parachutiste de k’infanterie de l’air délivré à Pierre Leprette le 28 mai 1943 à Alger – collection famille Leprette.

A son retour de stage il est affecté dans la 3e Compagnie (3ème Cie) du Ier Bataillon du 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes – 1er RCP (en date du 1 mai 1943 le 1er BCP devient le 1er RCP suite à la création d’un deuxième Bataillon).

Autorisation de sortie du 30 septembre 1943 du caporal-Chef Leprette – collection famille Leprette.

Le 14 octobre 1943 il  est admis en tant qu’Elève-Aspirant de Réserve (E.A.R.) à l’Ecole Militaire de Cherchell à Tipaza. Il sort 3ème du Peloton des Officiers et est nommé au grade d’aspirant le 1 février 1944.

Il rejoint le 1er RCP à Bordj-Menaiel le 25 janvier 1944.

Leur père, Fernand, par des moyens de fortune réussit à se rendre du Caire en Afrique du Nord pour retrouver ses fils.

Déplacement d’Oujda vers Tikjda pour suivre le stage de ski – carte klm127.

Début 1944 Pierre suit le stage de ski à Tijda avec son unité.

stage de ski à Tikjda, sur le versant sud du Djurdjura en Kabylie. CAMUS Florian(brevet 756) – LEPRETTE(brevet 748) – BERGE Serge(brevet 1410) – CROUZET Jean(brevet 1829) BAYLE Raoul ou André (brevet 763 ou 1962) – collection famille Leprette.

En février 1944 au Maroc, Pierre et Jacques ont la surprise de retrouver leur frère André qui, après avoir participé à un réseau de résistance à Paris, s’est évadé de France en passant par la case prison en Espagne. Après avoir fait les EOR, André est mobilisé dans un régiment de blindés comme aspirant.

Pierre Leprette et ses 2 frères André et Jacques (de la gauche vers la droire) en permission à Alger en 1943 – collection famille Leprette.

Au 1er RCP, Pierre est affecté à la 1er Cie et il fait mouvement par avion le 31 mars 1944 avec son unité pour atterrir le même jour à Trapani en Sicile.

D’Alger, en passant par la Sicile…jusqu’à la capitale italienne…du 31 mars à juillet 1944 – carte klm127.
Ordre de mission de l’aspirant Pierre Leprette du 25 mai 1944 à Trapani en Sicile – collection famille Leprette.

Pendant les trois mois qui suivent, les hommes du 1er RCP, poursuivent un entrainement difficile et exigeant (combats, marches, sauts…) pour se préparer à  libérer leur chère patrie.

1er peloton de la 9e cie avec Pierre Leprette, premier sur la gauche – collection famille Leprette.
Largage d’entrainement en 1944 1er peloton 9e cie – collection famille Leprette.

Le 7 juillet 1944 le Régiment quitte par voie ferrée la Sicile (traverse à Messine avec le Ferry) pour se rendre à Rome. Le 11 juillet il passe en dessous des ruines de Monte-Cassino avant d’arriver dans la capitale italienne. Le 14 juillet, la fête Nationale est célébrée par une prise d’armes dans Rome. Ce même jour les officiers et quelques volontaires du 1er RCP sont reçus par le Pape Pie XII lors d’une audience.

La garde du Drapeau devant l’église Saint-Louis-des-français à Rome le 14 juillet 1944 – source « le 1er RCP tome 1 de Georges Fleury.

Au grand dam de Pierre et de tout son régiment, le 1° RCP ne participe pas au débarquement de Provence. Le général de Gaulle réserve cette unité d’élite pour la libération des Vosges et de l’Alsace. Pierre rêvait de sauter en parachute sur la Provence pour délivrer sa fiancée qui l’attendait. Cela ne se fera pas. Il en « voudra longtemps » à de Gaulle de cette privation.

A la même période, son beau-frère Olivier Hatzfeld, mari de sa sœur Maud, participe comme lieutenant à la libération du Puy en Velay avec son unité FFI commandée par le commandant Fayolle. 

De Rome au Mesnil dans les Vosges – carte klm127.

Le 5 septembre 1944, Pierre et ses camarades décollent de Rome et atterrissent sur l’aérodrome de Valence-Chabeuil où ils stationnent jusqu’au 29 septembre 1944 ; date à laquelle le 1er RCP se met en route pour remonter la vallée du Rhône et rejoindre Faucogney en Haute-Saône où il arrive début octobre 1944.

Pierre est alors promu sous-lieutenant. Sa fiancée, Hélène Reynaud, bravant la pagaille des moyens de transport l’y rejoint au mois de septembre, le jour de son anniversaire.

Le 1er RCP est affecté en tant que renfort à la 1ère Division Blindée du général Touzet du Vigier.

Pierre Leprette participe à la campagne des Vosges  jusqu’à la prise du village du Mesnil où il est blessé et évacué sur l’hôpital de Besançon.

Carte des opérations du 1er RCP dans le secteur du Mesnil début octobre 1944 – source :  » 1er RCP Témoignages pour l’Histoire » de l’ecpad.

Pour son action dans le prise du Mesnil il est cité à l’ordre du Corps d’Armée par le Général de Monsabert :

« Jeune Aspirant très courageux et d’un très grand sang-froid. Volontaire pour participer le 6 Octobre 1944 à l’attaque très délicate du village du Mesnil, a réussi à progresser malgré un tir très violent d’armes automatiques et de chars lourds, entraînant ses hommes par son exemple et son mépris du danger. Blessé au cours de cette action, a refusé de se faire évacuer, se contentant de soins sommaires pour poursuivre la lutte engagée ».

Il profite d’une permission pour retrouver à Versailles sa famille qu’il n’ a pas vu depuis son départ pour l’Algérie en 1941. Son frère Jacques est à son tour blessé du côté de Bavilliers au mois de novembre 1944. En décembre 1944, il apprend que son frère André vient de débarquer à Marseille avec son régiment afin de rejoindre Mulhouse. Rétabli de sa blessure Pierre réintègre son unité début décembre en Alsace dans l’attente de la reprise des combats qui le mèneront  jusqu’à la libération de la poche de Colmar.

Le 9 décembre 1944 Pierre Leprette est affecté à la 9ème compagnie du 2ème Bataillon  du 1er RCP qui se trouve dans le secteur de Gerstheim (67) au sud de Strasbourg le long du Rhin.

C’est  à la tête du 1er peloton qu’il participe aux différentes opérations de sa compagnie pendant la campagne d’Alsace.

Effectif et dotation en armement du 1er peloton de Pierre Leprette – collection famille Leprette.

Pierre Leprette passe le réveillon de Noël dans le Jura, au Val dAjol.

Le secteur Hachimette – Lapoutroie – Orbey – carte klm127.

Le 30 décembre 1944, il arrive en camion avec la 9ème compagnie, en provenance du Val d’Ajol, à Hachimette(68) sur les contreforts vosgiens dans la vallée de Kaysersberg, pour relever le 7ème Régiment de Tirailleur  Algériens (7ème RTA). Comme il le décrit lui-même dans une lettre, il passe avec ses hommes, 24h très dures, dans un froid glacial, en position sur une crête boisée, dans des trous sommaires que la neige recouvre peu à peu et sous d’intenses bombardements.

Odre du Capitaine Ducasse à l’aspirant Leprette en janvier 1945 – collection famille Leprette.

Relevé le lendemain par des troupes américaines, Pierre passe nouvel an à Lapoutroie (68) et loge chez l’habitant.

Le 2 janvier 1945, son peloton relève le 4ème Régiment de Tirailleurs Tunisiens (4ème RTT) à Orbey (68) face au Noirmont, dans des conditions difficiles, en particulier dues au froid intense.

Message du 4 janvier 1945 de l’aspirant Leprette au lieutenant Wallet du 64ème Goum du 1er Groupement de Tabors Marorains (1er GTM) qui se trouvait dans le secteur d’Orbey – collection famille Leprette.

A partir du 9 janvier 1945, Pierre participe aux violents combats de libération, dans le secteur de Benfeld(67), Herbsheim(67) et Rossfeld(67) qui font de nombreux tués et blessés au sein du 1er RCP.

Dessin de Pierre Leprette relatif aux combats du secteur des bois de Benfeld – collection famille Leprette.

Il obtient une deuxième citation à l’ordre de l’Armée Aérienne :

« Aspirant du 1er RCP, jeune chef de peloton joignant à une sûre maîtrise un allant et un courage exceptionnels. S’est distingué le 10 Janvier 1945, lors de l’attaque du Bois de Benfeld, en bousculant avec son peloton malgré une violente résistance un ennemi supérieur en nombre, mettant hors de combat une vingtaine d’Allemands, capturant 16 prisonniers, détruisant 3 mitrailleuses, 2 mortiers et 1 arme antichars. A largement participé par son action vigoureuse au succès complet de l’opération.’’

Note de servic (concernant le secteur de Herbsheim) du 12 janvier 1945 du Colonel Faure, commandant le 1er RCP pendant la campagne d’Alsace à destination des officiers de la 9ème Cie – collection famille Leprette.

NB : En février 1996, alors que son état de santé est très dégradé, Pierre reçoit une lettre d’un certain monsieur René Gasnière dont le frère Guy, affecté au groupe de choc de la Section commandée par Pierre, avait perdu la vie lors de l’attaque du Bois de Benfeld,  Dans son courrier, René avait joint cette lettre et écrivait : «  Sachez, Madame, que j’ai pour Monsieur LEPRETTE un profond respect et une sincère admiration. Je vous joins photocopie de sa lettre de janvier 1946 et des documents qui y étaient inclus. Vous comprendrez pourquoi je vous ai dérangé et quel homme de cœur il était déjà. »

A partir du 25 janvier 1945, le IIème Bataillon dans lequel se trouve Pierre, a pour mission de conquérir les bois du moulin de Jebsheim afin d’y établir une base de départ pour libérer le village et verrouiller « la nasse » autour de Colmar.

Photo prise par Pierre Leprette le 29 janvier 1945 dans Jebsheim où l’on voit un char sherman du 6ème RCA accompagnant les hommes de la 9ème Cie lors de libération des dernières maisons du village – collection Xavier Réquillart brevet 4252.

Il fait -20 degrés. La neige atteint parfois un demi mètre, les combats sont d’une violence effroyable, sous un déluge de fer et d’acier, nuit et jour sans aucune interruption. En quelques minutes la 9ème Compagnie perd une trentaine d’hommes.

Carte des opération du 1er RCP dans le secteur de Jebsheim du 24 janvier au 3 février 1945 – source :  » 1er RCP Témoignages pour l’Histoire » de l’ecpad.

Le 1er RCP combat, entre autre, aux côtés du Régiment de Marche de la Légion Etrangère(RMLE), janvier au du Bataillon de Choc, du 6ème Régiment de Chasseurs d’Afrique(6RCA), et du 254th Régiment d’Infanterie américain(254RIUS) face aux redoutables Gebirgsjäger de la 2ème Division alpine allemande, unité d’élite habituée à combattre dans des conditions hivernales polaires.

Photo prise par Pierre Leprette le 29 janvier 1945 dans Jebsheim où l’on peut voir quelques soldats américains du 254th régiment d’infanterie us de la 63ème Division d’Infanterie US – collection Xavier Réquillart brevet 4252.

Le 29 janvier 1945, après 4 jours et 4 nuits de combats au corps à corps le village est libéré au prix de lourdes pertes : 250 français (dont 76 tués et 167 blessés pour le 1er RCP) et américains ainsi que plus de 500 soldats allemands ont été tués.

Photo prise par Pierre Leprette de la maison où il résista avec le 1er et 3ièmes pelotons de la 9ième Cie du 1er RCP toute la nuit du 28 au 29 janvier 1945 contre les dernières attaques allemandes contre le village avant sa libération définitive – collection Xavier Réquillart brevet 4252.

Pour son engagement sans faille, au cours des combats de Jebsheim, Pierre Leprettre reçoit une troisième citation; à l’ordre de l’Armée Aérienne :

« Brillant chef de peloton au courage exemplaire, entraînant son unité avec une ardeur exceptionnelle. S’est distingué le 29 Janvier 1945 au cours de la contre-attaque allemande sur le village de Jebsheim. A d’abord résisté à tous les assauts ennemis dans un point d’appui particulièrement difficile à défendre; passant ensuite vigoureusement à l’attaque, a joué un rôle prépondérant dans l’écroulement de la défense ennemie et contribué largement à la conquête définitive du village. 

Citation à l’ordre de l’Armée Aérienne de Pierre Leprette pour son action lors des combats du 29 janvier 1945 à jebsheim – collection famille Leprette.
Photo prise par Pierre Leprette où l’on peut distinguer la reddition d’un infirmier ou médecin allemand (chasuble avec une croix rouge) au niveau du mur anti-char construit par les allemands à l’entrée sud de Jebsheim – collection Xavier Réquillart brevet 4252.

Le général de Lattre écrit au sujet des combats de Jebsheim :

« ..rien ne donne une idée de ce qu’est alors ce malheureux village. 500 cadavres allemands en transforment les rues en un véritable charnier. Nous mêmes y avons eu 300 hommes hors de combat et les américains au moins autant. Mais nous y avons fait 750 prisonniers et le 254ème RIUS plus de 300. JEBSHEIM est bien le symbole de la fraternité Franco-Américaine…il est aussi le symbole de l’héroïsme dépensé pour enfoncer le front allemand.. ».

Parcours du 1er RCP lors des derniers combats de la poche de Colmar auxquels participe Pierre et ses hommes de fin janvier à début février 1945 – carte klm127.

C’est aux lendemains de la bataille de Jebsheim que son frère Jacques qui y était également engagé avec le Régiment de Marche de la Légion Etrangère (RMLE), a la surprise de retrouver Pierre qui est en repos au mess des officiers du 1° RCP. Les deux frères s’embrassent. Ils sont vivants. Ils avaient combattu ensemble sans le savoir.

Durant les campagnes des Vosges et d’Alsace le 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes paye un très lourd tribut mais qui n’a d’égal que l’importance des actions qui lui furent confiées. Le haut commandement ne lui confiait que des missions difficiles dont la réussite ne pouvait être que l’expression de sa valeur. 1156 hommes tués ou blessés à qui nous seront toujours reconnaissants pour leur engagement et leur sacrifice au service de la France.

Les soldats du 1er RCP qui défilent avenue de la République à Colmar le 10 février 1945 – source mmcpc.

Les 8 et 10 février 1945, Pierre et Jacques, respectivement au 1° RCP et au RMLE défilent à Colmar, comme l’avait fait leur père en novembre 1918.

Extrait du livret individuel de Pierre Leprette daté du 12 février 1945 – collection famille Leprette.
Hélène et Pierre Leprette lors d’une permission en février 1945 – collection famille Leprette.

Après la guerre, Jacques mènera une brillante carrière diplomatique, ambassadeur représentant permanent de la France au Conseil de sécurité de l’ONU puis auprès des Communautés européennes à Bruxelles avant d’être élevé au rang d’Ambassadeur de France en 1984.

Jacques Leprette, représentant de la France à l’ONU en 1977 – collection famille Leprette.

Avec son régiment de blindés, André fit partie des premières unités qui entrèrent en Allemagne et libérèrent le camp de Dachau.

Ils se retrouvent tous les deux en famille avec Maud, Olivier et André pour de grandes retrouvailles en avril 1945. 

A Avord, Pierre Leprette (au second plan) avec le sergent Moreau – collection famille Leprette.

Après un séjour sur la base aérienne d’ Avord où le régiment doit se reconstituer et faire passer le brevet parachutiste à ceux qui ne l’avaient pas encore.

Il est démobilisé le 19 novembre 1945.

Portrait de Pierre Leprette fait à Marseille en 1945- collection famille Leprette – colorisation klm127.

Pierre peut enfin se marier le 11 juillet 1945 avec Hélène Reynaud à Marseille.

Le 11 juillet 1945, mariage de Pierre et Hélène Leprette – collection famille Leprette.

Son rêve de retour à la terre, brisé par la guerre, il lui faut réorganiser complètement son avenir professionnel. Sa qualité d’officier lui permet d’être nommé stagiaire de l’Administration Coloniale en mars 1946. Il embarque alors à destination de Madagascar où il est affecté comme adjoint au chef de district de Diégo Suarez. En octobre 1947, il est nommé chef de Poste à Behara dans la province de Fort Dauphin. En août 1949 ,il est affecté à Niamey (Niger) comme sous-chef de Bureau des Services Civils.

Le 15 mars 1950 à Niamey (Niger); Pierre Leprette est décoré au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur par le ministre Letourneau- collection famille Leprette.
Décret du 18 avril 1950 nommant Pierre Leprette dans l’ordre national de la Légion d’Honneur – collection famille Leprette.

En 1951, déjà père de 4 enfants (dont 3 sont nés Outre-Mer), il prend son congé en métropole (les fonctionnaires des colonies ont droit à un congé tous les 3 ans) où il est affecté comme directeur de la maison des étudiants malgaches ce qui lui permet de suivre les cours de l’École Nationale de la France d’Outre-Mer (équivalent de l’ENA de l’époque pour les fonctionnaires de l’administration des colonies). Il est reçu Major au concours B.

À la sortie de l’ENFOM, en novembre 1954 il est nommé en poste à Madagascar. D’abord adjoint au chef de district d’Ambositra où naît son cinquième fils, puis adjoint au chef de district de Tuléar où vient au monde…une fille, il succède à Lucien de Somer d’Assenoy comme chef de cabinet du Chef de Province de Tuléar, Monsieur Alfred Valmary. Quarante ans plus tard, lors d’un voyage sur la Grande Île, deux de ses fils eurent l’immense surprise de découvrir qu’à Ambositra, leur père était vénéré comme un ancêtre dans une famille malgache qui avait travaillé pour lui. A Toliary, des jeunes gens originaire de Behara leur confièrent que la localité n’avait dû sa survie qu’à la présence d’un stade et d’un marché couvert. C’est Pierre qui en avait eu l’idée et les avait fait construire avec l’aide d’Hélène qui faisait les calculs.

Carte d’identité militaire de Pierre Leprette en janvier 1958 – collection famille Leprette.

En janvier 1958 il rentre en métropole pour ses congés. Il s’installe d’abord à Marseille puis, à la suite de la déclaration d’indépendance des pays d’Afrique, ne pouvant repartir en outre-mer, il est affecté successivement dans plusieurs ministères à Paris : Marine, Santé, Affaires étrangères. Il quitte alors Marseille pour s’installer à Fontenay-aux-roses puis à Clamart dans la banlieue sud de Paris. Son dernier fils, Benoît, naît en 1962. En 1963, Pierre quitte l’administration pour poursuivre une carrière dans le privé.

Pierre Leprette – collection famille Leprette.

Il sera successivement Chargé des relations publiques dans l’organisme Joie et Foyer, puis directeur aux PACT (Protection, Amélioration, Conservation, Transformation de l’habitat), organisation reconnue d’utilité publique qui s’occupait de l’amélioration de l’Habitat ancien et de lutter contre les taudis et l’habitat insalubre, dans un contexte de pénurie post-guerre et de mal-logement massif.

Le 30 septembre 1937, Pierre Leprette (debout à gauche devant le pylone) aux commémorations des combats du Mesnil dans les Vosges- collection famille Leprette.

Durant toute sa carrière, il fut épaulé quotidiennement par son épouse Hélène Reynaud qui renonça à la carrière scientifique qui lui était promise (licenciée es sciences) pour suivre son mari et s’occuper de sa famille.

Hélène Reynaud est la mère de sept enfants(1 fille et 6 garçons). Pierre prend sa retraite en 1980. Ils sont les heureux grand-parents de seize petits enfants.

Enfants et petits enfants de Pierre et Hélène Leprette en 1991- collection famille Leprette.

Atteint par la maladie de Parkinson, Pierre s’éteint à Clamart le 21 octobre 1996, profondément aimé des siens.

Situation militaire et décorations

Capitaine de réserve de l’Infanterie Coloniale.

Chevalier de la Légion d’Honneur à titre militaire en 1950.

Croix de guerre 39-45. 2 citations à l’ordre de l’Armée Aérienne, 1 citation à l’ordre du Corps d’Armée avec 2 palmes et une étoile de Vermeil.

Croix de guerre TOE

Médaille coloniale, agrafe Madagascar

Médaille des blessés

Croix du combattant

Nous remercions sincèrement l’ensemble de la famille Leprette; en particulier ses fils Antoine et Xavier pour la confiance accordée au Musée Mémorial et la rédaction de la biograhie de leur père, qui nous permet ce jour, de lui rendre l’hommage qu’il mérite, pour son engagement sans faille au service de la France et de la Liberté.

Nous ne l’oublierons pas!

Plaque d’identité militaire « dog tag » de Pierre Leprette- collection famille Leprette.

sources documentaires :

Georges CHEVET 1924 – 2020

Portrait de Georges Chevet avec le port de la fourragère de la Croix de Guerre 1939-1945 -collection famille Chevet.

Georges Chevet est né le 7 août 1924 aux Gendelins dans la commune de Thiel-sur-Acolin dans le département de l’Allier (03).

Ses grand-parents maternels sont métayers dans une ferme de 30 à 40 hectares avec du bétail. Sa maman Antoinette, est née en 1904 et travaille avec eux. Le Jacques, le futur mari d’Antoinette est né en 1901; il est engagé comme domestique et à en charge principalement les chevaux de l’exploitation (il revient de son service militaire à Coblence en Allemagne).

François Malioge, le chef d’exploitation, grand-père de Georges a combattu à Verdun en 1916; il a été gazé (à l’ypérite…le « gaz moutarde ») comme de nombreux soldats. Il décède 3 à 4 ans après la naissance de Georges et c’est son père Jacques qui se retrouve du jour au lendemain responsable de l’exploitation.

Sur cette photo prise lors du mariage de Valentin Chevet le 24 janvier 1933 on distingue à l’extrême droite Georges Chevet qui a 8 ans – collection famille Chevet.

En 1930 Georges entre à l’école de Thiel-sur-Acolin qui est dirigé par M Boulet; un instituteur (il est également le secrétaire de mairie) très droit et strict : il fallait entrer en classe les uns derrière les autres, la coiffure à la main et dire « bonjour Monsieur ». A 6 ans il se rend tous les jours, à pieds, en sabots en bois comme seules chaussures, à l’école communale qui est à 3,5 kms de chez lui. Ne pouvant rentrer pour manger à midi il emporte avec lui, en plus de son cartable, un panier avec son repas. Avant d’aller à l’école et après, Georges aide ses parents à la ferme, dès l’âge de 11/12 ans en nettoyant les étables et les écuries.

De gauche à droite : Jacques Chevet(le père de Georges) – Gilbert Chevet (son frère) – Georges Chevet(cercle bleu) – Valentin Chevet (frère de Jacques) – Gilbert Chevet (père de Jacques et Valentin – collection famille Chevet. 

Dès l’âge de 7 ans il doit aller une fois par semaine au catéchisme pour préparer la première communion. Après 5 ans de catéchisme il obtient la meilleure note lors du test de fin d’étude, ce qui lui confère d’être en tête du cortège lors de la cérémonie de la communion solennelle en mai 1936 (il a 12 ans). Il reçoit à cette occasion son premier costume, sa première bicyclette et montre avec une chaîne plaquée or. En 1936 la famille s’agrandit avec l’arrivée du petit Raymond.

Les trois frères : Georges né le 7/08/1924 à gauche, au milieu son frère Gilbert né le17/10/1925) et dans ses bras leur petit frère Raymond né le 16/12/1936 – collection famille Chevet. 

Georges passe son certificat d’étude en juin 1937 à Chevagnes, avec son frère Gilbert cadet d’un an (né en 1925). C’est à cette occasion qu’ils montent pour la première fois dans une voiture et effectue la route avec l’un des parents de classe propriétaire du véhicule. En 1937 l’Assemblée Nationale vote la prolongation de la scolarité obligatoire jusqu’à l’âge de 14 ans. Georges ayant son certificat d’étude en poche ne veut pas poursuivre et rejoint son père à la ferme. Les voisins ayant un poste TSF, Georges en profite pour l’écouter lorsqu’il travaille dans le champ qui est à proximité. Georges se souvient dans ses mémoires d’une période particulièrement difficile pour les paysans ainsi que la montée des extrêmes et de l’antisémitisme dans l’ensemble du pays. A cette période, son père Jacques (à 37 ans) est incorporé dans une section de surveillance aérienne au château de La Fin entre Thiel et Chevagnes.

Le château de la Fin – source internet.

Le 11 novembre, jour de la Saint-Martin, toute la famille déménage dans une autre ferme, au lieu-dit les Neuffonds sur la commune de Bessay-sur-Allier, toujours en métayage. Georges est responsable des chevaux et découvre le métier de charretier. Hélas en septembre 1939, après l’entrée de l’Allemagne en Pologne, la France et l’Angleterre déclare la guerre à l’Allemagne. L’ordre de mobilisation générale est lancé : le père de Georges est rappelé et les trois beaux percherons de Georges sont réquisitionnés à son grand dam…il ne les reverra jamais.

Au printemps 1940, la ferme étant à proximité de la nationale 7, Georges se souvient de voir arriver tous les jours les réfugiés suite à la déroute française qu’il faut loger (le grenier est transformé en couchage). Après la signature de l’Armistice à Rethondes, le 22 juin 1940 son père est démobilisé. En 1942 lorsque le grand-père paternel décède, seul son père et sa mère peuvent l’accompagner dans sa dernière demeure car il veut être enterré auprès de son épouse qui est enterrée au cimetière de Thiel-sur-Acolin qui se trouve de l’autre côté de la ligne démarcation car la Kommandantur de Moulins n’a délivré que deux laisser-passer pour éviter que toute la famille reste en « zone libre ».

Georges Chevet au début des années 1940 – collection famille Chevet.

En 1943 c’est l’année des restriction et chacun a des cartes de rationnement. Georges a 19 ans il est dans la catégorie J3; il a droit à du tabac qu’il donne à son père et 500 gr de sucre. Pour la viande, la farine, les légumes..la famille est heureusement autonome grâce à la ferme. Cette année là est une année agricole à fort rendement et devrait faire une excellente récolte (malgré qu’une grande partie de celle-ci sera réquisitionnée par l’occupant nazi) mais quelqu’un met le feu aux champs pour que l’occupant n’en profite pas (et peut-être par jalousie aussi?)…la famille est quasi ruinée.

En 1944, l’année de ses 20 ans, Georges devient mobilisable pour le Service Obligatoire du Travail (STO) imposé par le régime collaborationniste de Vichy. Il est convoqué au siège de la milice avec tous ses camarades nés en 1924. Après la visite médicale il est jugé apte pour le STO mais obtient un sursis de 3 mois puis renouvelé de 3 mois supplémentaires…en juillet 1943 miraculeusement il n’est pas appelé…? Il est toutefois réquisitionné par la milice pour creuser des tranchées tout le long de la Nationale 7 et pour effectuer la nuit des tours de garde le long de la voie ferrée pour éviter des sabotages (en cas de sabotage dans son secteur des représailles étaient possibles contre eux).

Insigne de la Division d’Auvergne – source : « Du maquis d’Auvergne au lac de Constance ».

Après le débarquement du 6 juin 1944 en Normandie et celui du 15 août 1944 Georges et ses camarades sentent que la libération du pays est proche. Avec tous les jeunes de divers origines ou tendances politiques se regroupent pour participer aux ultimes combats. Le 28 août 1944 ils rejoignent un petit maquis formés par des réfractaires au STO. Le lieu de rassemblement se trouve dans la grange de Mr Ravel, qui existe toujours, dans la « rue du maquis de Chaugy » à Bessay. Ils sont 17 jeunes à rejoindre le Maquis de Chaugy, une bonne moitié n’a jamais vu de fusil de sa vie et ils s’installent dans la ferme attenante au château de Chaugy. Mis à part les chefs personne n’a d’arme.

Photo souvenir de 4 hommes du groupe « Roussel » avec leur side-car devant un bel alignement de véhicule aux couleurs du groupe « Roussel » avec le Diable Rouge peint sur les portières avant (on le distingue parfaitement sur le véhicule de gauche) avec les couleurs tricolores sur le garde boue avant – collection famille Chevet.

Georges entre au « Groupement Roussel » le 28 août 1944 au Régiment « Loire-Allier » qui devient la Division Légère d’Auvergne, puis Brigade et Demi-Brigade d’Auvergne, commandée par le Colonel Colliou dit « Roussel ».

Dans la cours d’une ferme avec 2 mitrailleuses Hotchkiss sur leur affût-trépied – collection famille Chevet.

La première opération à laquelle participe Georges est celle de la prise de la gare de Thiel-sur-Acolin où ils font prisonnier une quarantaine de soldats allemands. Après la libération de la ville de Vichy le 26 aout 1944, Georges et ses camarades participent au défilé sous les applaudissements de la foule.

Les hommes du maquis de Bessay défilant dans Vichy au moment de la libération. Georges Chevet est le 4ème dans la première colonne – source famille Georges Chevet.
Georges Chevet avec l’un de ses camarades et une autre personne devant l’hôtel de ville de Vichy (photo prise certainement le même jour du défilé) – collection famille Chevet.

Deux jours après la libération de Moulins (le 6 septembre 1944) Georges se retrouve à Saint-Pierre-le-Moutier sur la route de Decize pour participer à l’interception et plusieurs combats avec une partie de la colonne Elster qui se rendra le 15 septembre 1944 aux américains.

Monument commémoratif sur la façade de l’Hotel de ville d’Arcay (Cher) – source : https://maquis-de-chaugy.fr/le-rattachement-a-la-demi-brigade-dauvergne-sous-le-ordre-du-colonel-roussel/

en complément : (https://museedelaresistanceenligne.org/media7406-La-reddition-de-la-colonne-Elster).

Photo souvenir avec une belle prise de guerre…un canon antichar allemand Pak 35/36, calibre de 3.7 cm – collection famille Chevet.

Le 13 septembre 1944 la Demi-Brigade d’Auvergne intègre la 1ère Armée Française et devient le Régiment d’Auvergne avant d’être renommé par le Général de Lattre 152ème Régiment d’infanterie le 21 novembre 1944 (il est rattaché à la 9ème Division d’Infanterie Coloniale – 9ème DIC).

Insigne du 152ème RI avec son légendaire Diable Rouge – collection famille Chevet.

Le 1 octobre 1944 Georges Chevet s’engage pour la durée de la guerre dans la 1ère Armée française (comme pour tous les maquisards qui veulent combattre au sein de l’armée régulière). A partir de là commence la formation militaire avec le maniement des armes, l’entrainement et l’apprentissage au pas cadencé.

Groupe de mitrailleurs en formation avec 3 fusil-mitrailleur dont deux Bren anglais parachutés – collection famille Chevet.
Photo de cours lors de leur formation avec un fusil-mitrailleur Bren anglais. A noter les 3 grenades à manche allemandes dans le ceinturon du soldat à l’extrême droite – collection famille Chevet.

Georges se forme comme tireur au fusil-mitrailleur Bren et est affecté au III Bataillon dans la compagnie d’accompagnement (CA3).

A Pont-de-Roide Georges se tord la cheville et se retrouve à l’infirmerie.

Au dos de la photo est inscrit « Georges pendant la campagne d’Alsace » – collection famille Chevet.

Le 24 novembre le 152ème RI se retrouve à Courtelevant car il doit se diriger vers la forêt de l’Oberwald et Seppois. Georges nous raconte que le lendemain matin alors qu’ils doivent déclencher l’attaque, les allemands déclenchent un tir de barrage d’artillerie, pour tenter de se dégager, qui va durer 4 heures et causer de nombreux blessés(51) et victimes(18 tués et 5 disparus) parmi les troupes françaises. Un éclat d’obus sectionne le bi-pieds du fusil-mitrailleur, à 30cm de la tête de Georges…il a eu chaud! Il fallut une contre attaque énergique pour repousser les allemands qui avaient enfoncés les lignes.

Carte des opération dans le secteur de l’Oberwald en date du 26 novembre 1944 -source : « Historique du 152ème RI 1944-1945 ».

Par la suite Georges se retrouve dans le secteur de Burnaupt et Aspach-le-Haut. Une nuit alors qu’il est de garde à la mitrailleuse avec deux autres sentinelles, une explosion retentit à une centaine de mètres devant eux. Il tire une rafale dans cette direction et puis plus rien? une attaque? Il alerte le PC mais personne ne lui répond. Le lendemain il fait part de l’incident à son adjudant-chef qui lui affirme que ce n’était rien…certainement un chien ou du gibier qui a sauté sur une mine. Mais l’adjudant Pujos, soucieux, s’y rend pour vérifier et y trouve une coiffure allemande, une mitraillette, une veste et une grande tache de sang. Georges et ses camarades supposent qu’il s’agissait peut-être d’une patrouille de reconnaissance allemande ou d’un déserteur voulant se rendre…on ne le saura jamais.

Georges fête noël 1944 à Aspach. Grâce à la générosité de la commune de Bessay et le directeur de la biscuiterie, chacun reçoit un colis de victuailles, conserves et une boite de 500gr de biscuits Délos. Cette nuit là la fête ne fut pas totale pour lui car il est de garde mais celui qui devait le remplacer n’est pas venu le relever et de ce fait n’arrive qu’en fin de repas où il n’y a que quelques restes. A cette période il découvre également les rations américaines. Il ne participe pas aux combats de Lutterbach avec sa section car il a attrapé la dysenterie.

Fiche de solde de décembre 1944 signé par le capitaine Genin commandant la CA3 – collection famille Chevet.

Début janvier le régiment se trouve dans le secteur de Morschwiller avant de combattre du 20 au 22 janvier 1945 à Lutterbach. Le 24 au soir une messe est donné à l’église de Morschwiller pour les morts du 152ème RI. Le 25 janvier à 2h du matin un ordre de mouvement est donné pour la cité de Richwiller où l’unité doit s’installer défensivement et relever le Bataillon de Choc. L’ambiance dans la cité est pénible, les maisons sont détruites et la tempête de neige rend les transports de ravitaillement très difficiles avec 40 cm de neige fraîche.

Georges prend position dans un hangar à potasse dans l’enceinte de la gare de Richwiller, en bordure de la forêt du Nonnenbruck.

La gare de Richwiller dans les années 30 qui se trouvait en face du puits de potasse max – source : société d’histoire de Richwiller-1439043533
Carte des opération dans le secteur de Richwiller en date du 25/26 janvier 1945 -source : « Historique du 152ème RI 1944-1945 ».

Il installe son fusil-mitrailleur dans une brèche faite par un obus. Il récupère un peu de paille qu’il trouve dans un coin pour dormir sur la dalle bétonnée. il fait très froid et il a les pieds gelés. Alors qu’il monte la garde derrière son arme, un obus tiré par les allemands explose juste en face de sa position. Un éclat difforme d’un centimètre et demi se loge dans son avant-bras droit.

Dans le journal de marche du régiment on peut lire à ce sujet :  » Ce dernier réagit par ses feux, de nombreux tirs d’artillerie, de mortiers et de nebelwerfer s’abattent sur nos positions. Vers 10h (Georges est blessé à 9h45) un tir violent de 88 et 150 s’abat sur la cité Amélie II, tue un volontaire et en blesse un autre… ».

Fiche originale de blessé du 25 janvier 1945 de Georges Chevet du IIIème Bataillon du 152èRI (III/152) établit à 10h du matin lors de son évacuation. Elle nous apprend que Georges a été blessé à 9h45 par un éclat d’obus dans l’avant bras droit; qu’on a utilisé 4 compresses avec sulfamides et un pansement pour ses soins de premiers secours. Il a été pris en charge par le 22ème Bataillon Médical à 11h20 et transporté vers l’hôpital de Campagne 401(HC401) – collection famille Chevet.

Son sergent-chef se porte à son secours alors que le bombardement se poursuit, profitant d’une accalmie, Georges est emmené à l’infirmerie située à 400 mètres où il est pris en charge par le personnel médical. Il est évacué vers l’hôpital de Mulhouse où il y avait beaucoup de blessés dans les couloirs et le hall. C’est en ambulance qu’il est emmené à l’Hôpital de Belfort où il est opéré avec succès. Après quelques jours il est évacué en train sanitaire à Evian-les-Bains. Le voyage dure 2 jours. On l’installe à l’hôtel Splendid qui est réquisitionné et transformé en hôpital militaire. Georges se retrouve dans une chambre de 4 personnes et une salle de bain…le grand luxe! durant sa convalescence, il ne peut pas écrire avec sa main droite en écharpe, mais va au secrétariat pour taper à la machine avec sa main gauche valide ses courriers.

Le soldat de 2ème classe, Georges Chevet, de la Compagnie d’Accompagnement 3 du 152ème RI est cité à l’ordre de la Division avec attribution de la Croix de Guerre 1939-1945 avec étoile d’argent :

« Jeune volontaire plein de courage et d’allant qui a participé aux différents combats menés par son unité en Alsace. Le 25 janvier 1945, lors d’une contre-attaque ennemie dans le bois de Nonnenbruck, a continué à servir son arme malgré des tirs violents d’armes automatiques et de minen. A été blessé au cours du combat ».

Original de la Citation à l’ordre de la Division attribuée à Georges Chevet – collection famille Chevet.

Après cicatrisation de son bras quelques semaine plus tard, il est convoqué à une visite médicale pour déterminer son aptitude et savoir s’il peut rejoindre son régiment. Malheureusement pour lui il est classé service auxiliaire(SX) ce qui signifie qu’il n’est plus apte au combat. Georges écrit au Colonel Colliou pour obtenir son aide mais il lui répond qu’il ne peut rien faire contre cette décision. Il lui transmet par contre avec sa réponse une permission permanente qui lui permet de profiter pleinement de son temps libre en dehors des périodes de soins.

Georges Chevet en 1945 après sa convalescence – collection famille Chevet.

Il est affecté d’office au 121ème Régiment d’Infanterie à Montluçon, à la caserne Richmond en tant qu’aide infirmier. Il aide le corps infirmier lors des visites d’incorporation de la classe 1943. Le 8 mai 1945 il est chez ses parents lors d’une permission, lorsque toutes les cloches se mirent à sonner pour annoncer la fin de la guerre. Georges est muté au 92ème RI et affecté au commissariat militaire en gare de Clermont-Ferrand où chaque jour il réserve des places pour les militaires dans les wagons pris d’assaut par les civils. Il est démobilisé le 30 octobre 1945.

Carte permettant de situer le parcours de Georges de 1924 à janvier 1945 – carte klm127.

Un fois la guerre terminée et son retour à la vie civile, la vie reprend petit à petit son cours normal. Le père de Georges lui propose (ainsi qu’à son frère) de créer un GAEC mais il ne souhaite pas continuer le métier de cultivateur. Les cartes d’alimentation étaient toujours en vigueur mais les jeunes profitaient des bals et fêtes de village pour s’amuser. C’est lors de la fête de la Loue que Georges rencontre une gentille fille avec qui il danse toute la nuit…Simone Favier (née le 7 octobre 1924) la fille du garde-barrière de la Ferté Hauterive…sa futur épouse.

Georges et Simone se marient le 26 avril 1947 à Bessay.

Le 26 avril 1947 – collection famille Chevet.

Après un premier métier aux ponts et chaussées, Georges entre à la SNCF en tant qu’auxiliaire au service de la voie le 21 novembre 1947.

Georges devant la gare avec son premier fils Robert dans le landau – collection famille Chevet.

La famille s’agrandit avec l’arrivée de Robert en 1949, Daniel Raymond en 1952, Henri Lucien en 1953 et Bernadette Jeanine en 1956. Après avoir gravi tous les échelons, Georges est nommé au grade d’inspecteur et part à la retraite le 7 août 1979 à l’âge de 55 ans.

Georges et Simone profitent d’une retraite bien méritée en voyageant aux quatre coins du monde : France, Europe, Bali, Brésil, Canada, Chine, Russie, Etats-Unis….

Georges Chevet nous quitte le 6 avril 2020 des suites de la covid et sa très chère épouse le rejoint pour l’éternité 7 jours plus tard le 13 avril 2020.

Georges et Simone en 2017 pour leur 70 ans de mariage – collection famille Chevet.

Nous remercions très sincèrement son fils Robert et toute sa famille pour la confiance qu’ils nous accordent et pour le partage de leur histoire familiale.

Georges Chevet rejoint ses vaillants camarades pour l’éternité…nous ne l’oublierons pas !

Il est titulaire de la Croix de Guerre 1939 -1945 avec étoile d’argent et de la Médaille Militaire.

sources : « Mémoire d’une vie » de Georges Chevet – Le journal de Marche du 152ème RI – « Du Cantal au Lac de Constance » – Le journal de Marche du 1/152 1944-1945 – https://maquis-de-chaugy.fr/

Si vous voulez en apprendre davantage sur son histoire nous vous conseillons l’excellent site de son fils Robert Chevet : https://maquis-de-chaugy.fr/

Georges Chevet (à droite) avec son camarade Beurrier de Neuilly (on distingue sur son berret l’insigne du diable rouge et le n°152 du régiment) selon la légende au dos de la photo. A noter le port d’un ceinturon allemand (certainement un trophée de guerre et/ou par nécessité) par Georges. le lieu de la prise de cette photo est inconnue – collection famille Chevet.
Georges (à gauche) avec un camarade (le même que devant l’hôtel de ville de Vichy) devant les établissements  » J.MUGIN MACHINES A COUDRE ATELIER DE REPARATION ». Le lieu reste inconnu mais il est fort probable que cette photo a été prise le même jour à Vichy comme celle devant l’hôtel de ville – collection famille Chevet.
Original de la Citation à l’ordre du Corps d’Armée du IIIème Bataillon du 152ème Régiment d’Infanterie signé le 1er août 1945 à Singen par le Chef de Bataillon De Sagazan, commandant le III/152 – collection famille Chevet.
Collection famille Chevet.

Joseph “Joe” Paull 1910 – 1979

1st.LT. Joseph « Joe » Paull – Paull Family Collection.

Joseph Thomas Paull was the son of immigrants from Cornwall in Southwest England.

He was born on November 19, 1910, in Ishpeming (Michigan) and he grew up in northern Michigan. 

He graduated from High School in 1928. 

The next year, he taught in a one room rural school house (Kindergarten through 8th grade) in L’Anse, Michigan (Joseph referred to it as Twin Township School, we assume it was a combined school for two small, neighboring towns). He lived in a back room and chopped wood to keep the school warm.

Joseph Paull circa 1930 – Paull Family Collection, colorization klm127.

He saved enough money to start college at the University of Michigan in 1930. 

With the US in the midst of the Great Depression, he was forced to leave after one year.

During the 1930s, he spent one year in a CCC Camp and worked for the Michigan State Forest Service.

NB : A CCC camp stands for Civilian Conservation Corps camp. Established in 1933 as part of President Roosevelt’s New Deal, these camps housed young, unemployed men who enlisted in a federal work relief program to improve public lands, forests, and parks during the Great Depression. The CCC provided work, education, and meals to men (initially ages 18-25) while conducting conservation projects like planting trees, creating trails, and controlling soil erosion. Camps were run with military-style organization, often staffed by Army Reserve officers. Enrollees earned about $30 per month, with $25 typically sent home to their families. Known as « Roosevelt’s Tree Army, » they planted over 3 billion trees and developed many of the modern state and national park infrastructures. The program operated from 1933 to 1942.

…from Ishpeming to Fort Leonard Wood… – map klm127.

In 1936, he was hired by the US Post Office in his hometown of Ishpeming, Michigan.

After the attack on Pearl Harbor in December, 1941, he enlisted in the Army and was Inducted in early 1942. 

Fort Benning, GA Georgia, Academic Area Barracks The Infantry School – internet.

Most of 1942-1943 he was in training , first in NCO school, then in OCS at Fort Benning, Géorgia.

Baltimore, Maryland Predeployment September-1943 – Paull Family Collection.

Before shipping overseas, he met Marian Sorenson (08/02/1916 Maynard, Minnesota – 22/04/2003) at Ft. Leonard Wood. 

Lt. Joseph Paull as Fort Leonard Wood – Paull Family Collection.
Fort Leonard Wood, Missouri 1943 – internet.
Marian Sorenson-Paull Working as an Armed Forces Services Association Hostess at Fort Leonard Wood – Paull Family Collection.
Marian Sorenson-Paull at Fort Leonard Wood – Paull Family Collection.

She was a high school teacher who volunteered for the Armed Forces Hostess Association and ran one of the Post’s service clubs.  They became engaged in October, 1943 before he left overseas.

Marian Sorenson-Paull in the Armed Forces Hostess Uniform – Paull Family Collection.
Lt. Joseph Paull at home on leave – Paull Family Collection.

He landed in North Africa for amphibious training.  Then on to Naples to a replacement depot.

3rd Infantry Division « Rock of the Marne » Badge – internet.

In early February, he landed at Anzio and was assigned to the 15th Infantry Regiment of the prestigious 3rd Infantry Division, “Rock of the Marne”. 

15th Infantry Regiment Badge – internet.

They  broke out of the Anzio Beach Head in May, 1944, and liberated Rome in early June. 

After more amphibious training, the 15th was part of Operation Dragoon, landing in Southern France in August, 1944.

map of operations from southern France to the border of Alsace – US Army 3rd Division book.

During late summer and fall, they fought their way up the Rhone Valley.  He was wounded and received a Purple Heart, but stayed with his unit. 

In late  1944 and early 1945, he participated in the liberation of the Colmar Pocket, the last German foothold in France. 

The note to the left of Joseph’s “my A-T Platoon did this”…German Mark IV Tank Destroyed, in Bennwihr in December 1944, by Anti-Tank Lieutenant Paull’s Platoon – Paull Family Collection.

In late March and April of 1945, his unit crossed the Rhine and then crossed southern Germany, into Austria, east of Salzburg.

Austria 1945 – Paull Family Collection.

As the war ended, he was promoted to Captain and was the Mayor of the village of Abtenau (Southeast of Salzburg), at the start of the occupation. 

…from Fort Leonard Wood to Salzburg, Austria… – map klm127.

He came home in the fall of 1945, was discharged, and married Marian.

– Paull Family Collection.

1st Lieutenant Joseph Paull 1LT Joseph Paull in the following campaigns. Naples-Foggia, Naples-Foggia, Rome-Arno, Southern France, Rhineland and Central Europe.

His list of awards & decorations :

Purple Heart,

Presidential Unit Citation: European-African-Middle Eastern Campaign Medal with 1 Silver Star with Arrowhead,

World War II Victory Medal,

Honorable Service Lapel Button World War II,

Croix de Guerre 1939 – 1945.

He went to school on the GI Bill; received a Forestry degree, and had a career as a Forester.

He and Marian had a good life with two children, and lived to see their grandchildren, including one named “Joe,” after his grandfather. 

1960 – Joseph and Marian Paull Family – Paull Family Collection.

He stayed in the Army Reserves retiring as a LT Colonel.  Joe and Marian were always proud of their WWII service.

Joseph Paull died on November 13, 1979, in Columbus, Ohio. His beloved wife died on May 22, 2003, in Janesville, Wisconsin, and joined him in eternity.

We sincerely thank Robert J. Paull and his family for sharing their family archives, which has allowed us to pay tribute to 1st Lt. Joseph Paull and his wife Marian for their unwavering commitment to the freedom and friendship between France and the United States.

We will never forget you!

Oak Grove Cemetery in Detroit Lakes, Minnesota, where Joseph “Joe” Paull rests in peace – photo by Andy Paull.

John GOJMERAC 1924 –

John GOJMERAC – collection famille Gojmerac, colorisation klm127.

John est né à Ribnik en Croatie, le 11 Août 1924 dans un petit village rural.

Il immigre aux Etats Unis en 1939 avec sa famille (son père Peter, sa mère Anna et son frère Charles) à Pittsburgh en Pennsylvanie, à la veille du début de la seconde guerre mondiale.

Insigne de la 3rd Infantry Division US – source internet.

A 18 ans il s’engage dans l’armée américaine en juin 1943 et il est affecté dans le 7ème Régiment d’Infanterie de la célèbre 3ème Division d’Infanterie américaine surnommée « Rock of the Marne ». Le régiment et ses hommes sont surnommés « The Cottonbalers » en raison de leurs exploits lors de la bataille de la Nouvelle-Orléans, sous le commandement du Général Andrew Jackson, lorsque les soldats du 7ème régiment d’infanterie se sont retranchés derrière un rempart de balles de coton pendant une attaque britannique.

Insigne et devise (Volens et Potens = Volontaire et capable) du 7th Régiment d’Infanterie américaine – source internet.

Charles Gojmerac (1922 – 2019) son frère aîné est également appelé sous les drapeaux et est déployé dans le Pacifique.

Charles et John Gojmerac – collection famille Gojmerac.

Après son entrainement initial terminé aux Etats-Unis il débarque en Afrique du Nord en décembre 1943. A partir de cette date il participe avec son unité à toutes les campagnes de la 3ème Division d’Infanterie : Italie, France et Allemagne. Il va occuper différents postes lors de son service : fantassin, éclaireur, réparateur de lignes téléphoniques.

John devant le Capitol à Washington en 1943 – collection famille Gojmerac.

Il combat en Italie où il débarque à Anzio et il est blessé par un tir de barrage de l’artillerie allemande.

Une fois remis sur pied, il rejoint immédiatement ses camarades et entre avec eux dans Rome libérée.

Lors de l’opération « Dragoon » il est dans la première vague d’assaut qui débarque sur la plage de Cavalaire-sur-Mer en Provence.

 Avec la compagnie B du 1er Bataillon du 7ème Regiment d’Infanterie, il remonte la vallée du Rhône, participe aux durs combats de Haute-Saône, dans les Vosges et à ceux de la poche de Colmar alors qu’il est malade; atteint d’une pneumonie.

« Pour son courage et son action au feu ( pour avoir réparé à plusieurs reprises une ligne téléphonique entre deux pelotons au cours d’un seul engagement et, lors de la dernière réparation, avoir capturé un soldat allemand qui tentait de couper la ligne téléphonique), le président des États-Unis d’Amérique, autorisé par la loi du Congrès du 9 juillet 1918, a le plaisir de décerner la Silver Star au soldat de première classe John Gojmerac, de l’armée américaine, pour sa bravoure au combat alors qu’il servait dans la compagnie B, 1er bataillon, 7e régiment d’infanterie, 3e division d’infanterie, lors d’une opération contre l’ennemi en France, le 24 novembre 1944. Ses actes de bravoure et son dévouement au devoir, sans égard pour sa propre vie, ont été conformes aux plus hautes traditions du service militaire et font honneur à lui-même et à l’armée américaine. »

Avant de franchir le Rhin il est à nouveau blessé, dans le secteur de Strasbourg, par un tir de mortier ennemi.

Après le 8 mai 1945 il fait parti des troupes américaines d’occupation en Allemagne et en Autriche.

John (à gauche) avec l’un de ses camarades posent pour la postérité sur un affut de Flak allemande à Munich en 1945 – collection famille Gojmerac.

Il est titulaire d’une Silver Star, de la Bronze Star, de la Purple Heart ainsi que du Combat Infantry Badge et quatre rubans de campagne, plus une Presidential Unit Citation.

De retour aux Etats-Unis, il reprend ses études et devient machiniste.

Pendant 40 ans, il travaille chez General Motors, l’un des grands constructeurs automobile américain.

Il se marie en 1958 et est l’heureux parent de quatre enfants : Linda, Tina, Vicki et Mark.

Il vie à Tonawanda NY, USA (banlieue de Niagara Falls / Buffalo, NY) .

Remise le 20 octobre 2023 de la Légion d’Honneur à John Gojmerac par le Consul général de France Jérémie Robert – source : https://www.armytimes.com/news/your-army/2023/10/24/army-silver-star-recipient-from-wwii-receives-french-legion-of-honor/..

Le 20 octobre 2023, il reçoit (la plus haute distinction française pour ses services pendant la Seconde Guerre mondiale) l’insigne de Chevalier de la Légion d’Honneur des mains de Jérémie Robert, consul général de France à New York, entouré de sa famille, de ses amis et de ses camarades vétérans.

John qui est resté humble a déclaré : « Je ne l’accepte pas pour moi-même, mais pour les hommes qui n’ont pas survécu » !

John Gojmerac Chevalier de la Légion d’Honneur – collection famille Gojmerac.

Dans un article John se souvient qu’il a frôlé la mort à plusieurs reprises au cours de ses expériences de guerre. Malgré son grand âge il se souvient de chaque rencontre avec l’ennemi. Une fois, alors qu’il guidait seul une ligne téléphonique de sa compagnie vers une autre compagnie pendant la nuit, il a failli être touché par une grenade allemande, mais l’explosion l’a seulement projeté sur le dos. Une autre fois, lui et plusieurs autres soldats ont été blessés, et leur sergent leur a dit de se rendre aux tentes médicales par tous les moyens possibles. Il a alors utilisé son fusil comme canne pour se mettre en sécurité : « Comment j’ai survécu… je me pose parfois la question », a-t-il déclaré en repensant à son expérience au combat.

John vit toujours à Tonawanda et il est dans sa 102ème année.

Nous remercions sincèrement John et ses camarades pour leur engagement contre le nazisme et leur participation à la libération de notre région.

Nous remercions également son petit-fils Eric Fabozzi et sa famille, grâce à qui nous pouvons rendre hommage John Gojmerac.

En complément pour en savoir plus sur l’histoire de John :

source : collection famille Gojmerac.
source : collection famille Gojmerac.
Ken Fabozzi, Tina Fabozzi, John Gojmerac, Linda Naples and Jean Gojmerac – source : https://www.armytimes.com/news/your-army/2023/10/24/army-silver-star-recipient-from-wwii-receives-french-legion-of-honor/.
Barbara Maurkick takes a photo with World War II U.S. Army veteran John Gojmerac, 99, before he is honored with the French Legion of Honor medal. Maurkick’s grandparents were Gojmerac’s godparents.  source : https://buffalonews.com/collection_fc48efec-7041-11ee-98c9-7b220e337802.html#6

Byron D. LEMMON 1923 – 2022

Les Unités de la 3rd Infantry Division ont souvent été évoquées au cours des combats de la poche de Colmar, mais d’autres Unités sont ponctuellement rattachés pour des missions spécifiques d’appui.

Ce fut notamment le cas du 99th Chemical Mortar Bn.  qui apportent un appui d’artillerie avec des mortiers de 4,2 Inches, principalement avec des munitions au Phosphore.

Insigne du 99th Chemical Bn. – source internet.

Nous avons eu la chance de croiser un vétéran de cette unité, Byron D. Lemmon, lors des Cérémonies de la Libération de Bitche, en mars 2005.

Byron est entré dans l’Armée le 18 Férvier 1943, à Pocatello Idaho et envoyé à Fort Douglas Utah pour son incorporation.

Plaques d’identité « dog tag » de Byron D. Lemmon – photo via Christophe Viller.

Après plusieurs jours, il est envoyé dans un train de nouvelles recrues au Camp Rucker Alabama, au 442nd Anti Aircraft Artillery Bn. (unité de défense anti-aérienne – AA)

insigne des Forces Anti-Aériennes – klm127

L’unité reçoit une instruction combinée à la 21st Inf. Div. Jusqu’en mars 1943, puis elle est transférée au Camp Stewart Georgia pour un entrainement intensif complémentaire en vue d’opérations outre-mer jusqu’en avril 1943.

Parcours de Byron de Marysville dans l’Idaho à Camp Patrick Henry en Virginie…5000kms… – carte klm127.

L’unité est ensuite ventilée au Camp Patrick Henry Virginia pour préparer l’embarquement vers le front.

Ils embarquent le 9 mai 1943 à bord de l’USS Thurston et débarquent à Mers el Kebir, en Algérie, près d’Oran le 23 mai 1943, ou ils occupent des positions de DCA autour des 2 villes.

Ils sont équipés de Canons Anti Aériens Bofors de 40mm et de Mitrailleuses à refroidissement par eau de Calibre 50.

En novembre 1943, ils sont transférés à Alger pour protéger l’Aéroport Reghaia à l’est de la ville, puis déplacés autour du port jusqu’en juin 1944.

De Virginie à Naples – carte klm127.

Après, ils regagnent Oran pour rendre leur équipement afin d’embarquer pour l’Italie et rejoindre la 5th Army, arrivant le 29 juillet 1944 à Naples.

Le 5 août, leur Battalion et un autre sont réorganisés, ils deviennent le 99th Chemical Bn. et l’autre le 100th Chem. Bn.

De Naples à Livourne – carte klm127.

C’est à Piana di Caiazza, Italie qu’ils perçoivent leurs nouveaux équipements et mortiers de 4,2 Inch et sont entrainés, puis acheminés le 7 septembre sur une autre zone d’entrainement à Follonica.

Ils suivent un entrainement intensif durant 60 jours, pour être ensuite amenés sur une zone de regroupement près de Leghorn(Livourne) en Italie, en vue de leur prochain déploiement en France, pour y être rattachés à la 7th Army.

Sac Duffle Bag du Corporal Lemmon avec son numéro de matricule militaire individuel « 39909817 » et son code invasion (bandes jaunes et rouge) – photo via Christophe Viller.

Le 1er décembre la compagnie A, dont dépend Byron, est affecté à la 100th Inf. Div, la compagnie B à la 44th Div. et la compagnie C à la 79th Div.

La compagnie A appuie la 100th Div à Zittersheim, Moderfeld , puis la 100th et 44th Div. A Hangwiller, Wingen, suit la 100th Div. Au Volksberg, Rosteig, Montbronn et Siersthal pour la 1ère bataille de Bitche.

Déplacement de Byron et son unité lors de la première bataille de Bitche – carte klm127.

Le 14 décembre, le Battalion est mis en mouvement pour Ribeauvillé, dans le secteur de la tête de pont de Colmar.

L’état-major du Battalion est installé à St Croix aux Mines.

4.2-Inch Mortar M2 de la Company D du 83rd Chemical Bn à Zellenberg(68) en décembre 1944 – US Nara.

L’unité relève ainsi le 83rd Chemical Mortar Bn., rattaché à la 3rd Div. La compagnie A est plus particulièrement rattaché au 7th Inf. Rgt et les 3 compagnies seront alternativement détachées vers les 3 Régiments de la 3rd Division américaine. Pendant les combats de la poche de Colmar, jusqu’au 14 février 1945.

A ce titre le Battalion sera décoré de la Presidential Unit Citation avec la 3rd Division.  Ils suivront les progressions de la Division à Orbey, Sigolsheim, Mittelwihr, Bennwihr et Holtzwihr ou ils devront battre en retraite sur Mittelwihr.

Secteur où combat le 99th Chemical Mortar Bn. lors des combats de la poche de Colmar – carte klm127.

Un Squad de Mortier se compose de 6 hommes se déplaçant en jeeps et remorque. Le mortier est transporté dans la remorque avec les munitions + leur équipement personnel, sac de couchage & approvisionnement. Ils sont équipés de carabine M1 et ou Pistolet Cal.45 et occasionnellement disposent d’armes collectives, comme le FM BAR, la mitrailleuse Cal.30…

Byron est blessé le 27 décembre 1944 à Mittelwhir, selon son récit :

« C’est à Mittelwihr que j’ai été blessé pour la première fois. Nous étions plusieurs fois dans ce village, ayant été repoussés par les Allemands et reprenant ensuite nos anciennes positions. De retour à l’intersection dans Mittelwihr, proche d’un ruisseau, notre position était établie et nous avions tirés quelques salves. Nous étions ensuite en attente dans une maison proche, quand les Allemands nous ont ouvert un tir d’artillerie. Nous sommes sortis et une jeep était en feu, ainsi que des munitions.Le Phosphore blanc étant liquide il s’enflamme au contact de l’air.Un éclat d’obus avait fendu un de nos obus au phosphore qui brulait. Pour éviter que tout le stock de munition ne s’enflamme, je l’ai enroulé dans une couverture, puis jeté dans le ruisseau pour qu’il s’éteigne. Ensuite nous essayions d’éteindre la jeep quand un obus allemand explosa à proximité et je pris un éclat dans la poitrine. Un Medic m’aida à me mettre à l’abri et vérifia ma blessure. La chemise était déchirée, mais je portai 2 maillots de corp en laine qui je pense m’ont sauvé la vie en freinant l’éclat. C’était une petite blessure et je fut évacué vers le poste de secours du Battalion pour quelques jours avant de regagner mon unité. »

Equipe mortier de Byron (à gauche en casquette fourrée) à Orbey(68) en Janvier 1945 – photo via Christophe Viller.
Reconstitution lors de la venue de Byron en mai 2007 en Alsace. Photo prise au même endroit que celle qui avait été prise à Orbey en janvier 1945 – photo via Christophe Viller.
Equipe Mortier en action en janvier 1945 à Orbey (même localisation que la photo précédente) – photo via Christophe Viller.

Le 15 février la mission du 99th Chemical Mortar Bn. Prend fin auprès de la 3rd Division et le Battalion regagne Sarrebourg pour être rattaché à la 7th Army en vue de l’offensive de la ligne Siegfrid.

La Compagnie A sera détachée auprès de la 63rd Div et les autres compagnies à la 70th Div.

Le 22 mars le Battalion sera de nouveau rattaché à la 100th Div. Pour l’offensive sur Bitche qui sera victorieuse cette fois, aux coté de leurs premiers compagnons d’armes de la 7th Army.

Cpl.Byron Lemmon à Sarreguemines en 1945 – photo via Christophe Viller.

Le Battalion appuiera d’autres Divisions lors de la campagne d’Allemagne et sera notamment rattaché une dernière fois à la 3rd Division, le 28 avril, pour la prise de Augsburg.

Durant son engagement au combat, du 2 décembre 1944 au 6 mai 1945, le Battalion a tiré 56622 obus HE ( High Explosive ) et 56380 obus WP ( White Phosphorous ), soit un total de 113002 obus en 150 jours de combats.

Byron est de nouveau blessé à l’épaule par un tireur d’élite, le 1er avril 1945 à Tauberbischofscheim en Allemagne. Il passera la plus grande partie de ce jour dans une ambulance en direction d’une antenne Médicale.  Il sera ensuite en convalescence au 21st General Hospital de Nancy jusqu’au 1er mai. Alors qu’il quittera l’hôpital avec un groupe d’autres convalescents, ils furent équipés d’uniformes, de chaussures neufs, équipements et armements.

Ils furent embarqués ensuite dans des wagons 40 & 8 et le train roula près d’une journée pour rejoindre un camp de la région de Bruxelles. Le first Sergent leur signala que Bruxelles était « Off limits », ce qui signifiait qu’il n’avaient pas le droit d’aller dans la capitale Belge. Ayant regagner leur tente, Byron dit a ses camarades qu’il avait un peu d’argent Belge que son frère lui avait donné lors d’une visite à l’hôpital de Nancy. Le lendemain matin, les quatre comparses partaient à pied pour Bruxelles et marchant une bonne partie de la matinée atteignant la capitale avant midi. Ayant trouvé un petit café, ils s’installèrent pour prendre un repas puis visitèrent un peu la ville avant de reprendre le chemin du retour. « Imaginez que le sergent aie eu connaissance de notre escapade ?? Nous l’avons fait tout de même… »

Peu de temps après, il rejoint son unité qui se trouve à Nussloch, en Allemagne. Après la fin du conflit, le Battalion regagne le Camp Lucky Strike, près du Havre, puis regagne les Etat-Unis.

De la campagne d’Allemagne au retour aux Etats-Unis – carte klm127.

Byron a été promu au grade de major et a reçu la Bronze Star Medal et la Purple Heart (médaille des blessés) avec une feuille de chêne.

Nous remercions sincèrement Christophe Viller, Ami du Musée Mémorial, pour son récit nous retraçant le parcours de Byron D. Lemmon pendant la seconde guerre mondiale.

Christophe, passionné d’histoire est l’auteur du livre « A chacun sa guerre » qui contient 31 portraits, de tous horizons, que l’on découvre à travers des textes généreusement illustrés…un livre de Témoignages de guerre, contre l’oubli !

En complément :

Byron est né le 28 juin 1923 à Marysville, dans l’Idaho.

Il est le septième fils et le onzième enfant de Washington et Ida Hamilton Lemmon.

Il obtient son diplôme du lycée Pocatello High en 1942. Il a fréquenté l’université d’État de l’Idaho pendant un semestre avant d’être enrôlé dans l’armée américaine.

Après son retour de la guerre en 1945, il fréquente l’Idaho State College et obtient en 1950 une licence en administration des affaires et en psychologie. Pendant ses études à l’Idaho State, il a été très actif dans le domaine sportif, obtenant une lettre en boxe pendant trois ans. Il a été président (Duke) des Intercollegiate Knights et membre du club I.

Il épouse Patricia Mitchell, originaire de Fruitland dans l’Idaho, à l’automne 1950. Après leur mariage, ils s’installent à Pocatello, où Byron est employé par la compagnie de téléphone (Mountain Bell).

Au cours de ses dix dernières années chez Mountain Bell, il occupe le poste d’administrateur des avantages sociaux, avant de prendre sa retraite en 1985.

Byron est resté impliqué dans l’université d’État de l’Idaho après avoir obtenu son diplôme. Il a participé à la fraternité Phi Sigma Kappa et a été président de l’association des anciens élèves de 1952 à 1953 et de 1957 à 1958. Il a également été impliqué dans Optimist International, l’association des officiers de réserve et l’ESGR (Employer Support for Guard and Reserve). Il était également membre de nombreuses autres organisations civiques. Byron était un excellent joueur de golf et aimait les activités de plein air. Pendant les mois d’hiver, il aimait skier à Park City. Il aimait passer du temps à travailler dans son jardin chaque été.

Byron décède le 16 avril 1922 et laisse derrière lui son fils Robert Lemmon (Cynthia), un petit-fils Jason Lemmon, deux petits-fils par alliance Jeremy Godfrey (Kristy) et Zachary Godfrey, ainsi que deux arrière-petits-enfants Zelda et Cooper.

Son épouse, Patricia Nan Mitchell Lemmon est décédéeavant lui, le samedi 14 octobre 2017 à Bountiful, dans l’Utah.

Elle est née le 6 avril 1928 à Fruitland, dans l’Idaho, fille unique de Ralph G. et Della Rader Mitchell. Elle a grandi et fait ses études à Fruitland, dans l’Idaho, et a obtenu son diplôme du lycée de Fruitland en 1946. Elle a fréquenté l’université d’État de l’Idaho et a obtenu une licence en enseignement primaire. Elle a épousé Byron Lemmon le 20 août 1950. L’année 1964 a été une année mémorable, car leur fils Robert Mitchell Lemmon est né, le dernier de ceux que l’on appelle les « baby-boomers ».

Elle a enseigné au collège de Pocatello, dans l’Idaho, et a travaillé comme responsable des certifications pour le département de l’éducation de l’Idaho à Boise, dans l’Idaho. Elle a également travaillé comme caissière à l’Eimac Credit Union à Salt Lake City.

Patty a été présidente de l’association des anciens élèves de l’ISU et a occupé le poste de présidente du conseil d’administration de la fondation ISU pendant deux ans. Elle était également membre de la PEO et de la sororité Gamma Phi Beta. Elle était une golfeuse passionnée et membre de l’association féminine du Lakeside Golf Course. Elle aimait faire du ski de fond sur le terrain de golf de Park City.

sources concernant les biographies de Byron et Patricia :

https://fr.findagrave.com/memorial/239083748/byron-d-lemmon

https://fr.findagrave.com/memorial/184370997/patricia_nan-lemmon

https://www.lindquistmortuary.com/obituaries/byron-lemmon

En 2007 Byron D. Lemmon avec Christophe Viller lors de son séjour en Alsace – photo via Christophe Viller.
Byron au Musée Mémorial en 2007 avec un obus de 4,2inch dans les mains – photo via Christophe Viller.
Byron D. Lemmon en grande tenue aux Etats-Unis avec d’autres vétérans – photo via Christophe Viller.