Martin THIERRY 1926 – 1945

Martin Thierry est né le 5 août 1926 à Blodelsheim dans le département du Haut-Rhin(68).
Il est le fils d’Ernest THIERRY(1894-1978), cultivateur, et de Marie-Rose Sitterlé(1895-1936).
Il est le 3ème enfant d’une fratrie de quatre : Paul l’ainé (1923 – 1944), Robert (1924-1945), Martin (1926-1945) et la cadette Ernestine (1930-2012).
Le 25 juin 1954 la brigade de gendarmerie de Blodelsheim enquête sur demande du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre afin de connaître dans quelles conditions les frères Paul, Robert et Martin THIERRY ont été incorporés dans l’armée allemande, quelle était leur comportement antérieurement à leur incorporation, ainsi que dans le cadre de l’attribution de la mention « Mort pour la France » :
Le maire de Blodelsheim, Monsieur Joseph Stahl, déclare qu’il a bien connu les frères THIERRY natifs de sa commune : « Paul et Robert ont été incorporés de force dans l’armée allemande. Paul a été incorporé en 1942 et est tombé sur le front russe en 1944. Robert a été incorporé en 1943 et porté disparu en 1945 alors qu’il se trouvait sur le front russe. Martin s’est caché à Balgau pour ne pas servir dans l’armée allemande. il a été tué le 7 février 1945, lors des combats de la libération qui se sont déroulés dans la région. Ces jeunes gens n’ont jamais appartenu à aucune institution ni formation pro-nazi. Rien n’était à reprocher à ces jeunes gens au point de vue national français. Il en est de même pour leur parents qui ont été durement éprouvés par cette guerre ».
Ernest THIERRY, père des trois garçons déclare : « Mes fils Paul et Robert ont été incorporés de force dans l’armée allemande, l’un en octobre 1942, l’autre en 1943. Mon fils Paul est tombé sur le front russe le 7 juillet 1944 et Robert n’est plus revenu et a été déclaré disparu. Quant à mon fils Martin, il a été appelé au Arbeit Dienst (Travail obligatoire) et est venu en permission vers la fin de décembre 1944. Au lieu de rejoindre l’armée allemande il s’est caché chez son oncle à Balgau et au moment de la libération il a été tué au cours des combats qui ont eu lieu. Aucun de mes trois fils n’a été volontaire pour servir dans l’armée allemande.
Le 14 juillet 1956 le maire de Blodelsheim, Monsieur Joseph Stahl, déclare aux gendarmes au sujet de Martin THIERRY : » Pour se soustraire à une incorporation certaine dans l’armée allemande, ce jeune homme (Martin) domicilié chez ses parents à Blodelsheim 21 rue des Messieurs est allé se cacher chez son oncle Seiller, tailleur, demeurant à Balgau. D’après ce qu j’ai pu apprendre, le 7 février 1945, THIERRY Martin se trouvait dans la cave de son oncle lorsqu’un obus traversant la paroie de la maison a explosé dans la cave le tuant net. »
Le 21 mai 1958 son père, Ernest, déclare aux gendarmes : » De juillet à novembre 1944 Martin est allé en Allemagne pour le travail obligatoire, ensuite il est parti en Hollande. De noël 1944 à début janvier 1945, il a reçu un ordre régulier de convocation qui lui a été apporté par un gendarme allemand en vue de se présenter chez les SS à Rouffach(68). Il n’a pas répondu à cette convocation et est allé se cacher chez des cousins à Balgau(68), Monsieur Seiller Théophile, tailleur, dont j’ignore l’adresse exacte mais qui habite près de la gare. Mon fils se trouvait chez mon cousin le 7 février 1945, il y a eu ce jour là un bombardement effectué par les troupes américaines, au cours duquel il a été tué ».
Martin THIERRY
sources :
Service historique de la Défense, Caen – AC 21 P 402121
Le tragique destin d’Ernest Thierry et ses trois fils Malgré-nous et victimes liées à Blodelsheim
Paul MUSCAT 1922 – 1995

Paul Muscat est né à Alger le 7 janvier 1922.
Il est affecté au chantier de jeunesse de Blida le 24 février 1942 et il est libéré de ses obligations le 15 octobre 1942.
Après l’opération Torch (nom de code du débarquement des troupes américaines en Afrique du nord le 8 novembre 1942), il est rappelé dans l’armée française (l’ensemble de la classe 1942 est mobilisé) le 20 novembre 1942. Il est affecté dans l’armée de l’air le lendemain de noël, le 26 décembre 1942.

Il fait mouvement de Desaix en Algérie (nador aujourd’hui) vers Fès au Maroc le 14 février 1943. Il est affecté au 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes (1er RCP) le 17 février 1943.

Le 6 octobre 1943 il se dirige vers Oudja au Maroc où se trouve l’Airborne Training Center (ATC) de la 82ème Airborne US. Il y effectue un entrainement des plus sélectif et obtient le brevet parachutiste n° 1324 le 24 mai 1943.

Il est affecté à la 1ère Compagnie(1ère Cie) du 1er RCP qui est rattaché à l’Etat-Major (EM) du régiment.
Après le 14 décembre 1943 il fait mouvement de Oudja vers la région de Ménerville, puis sur Bordj-Menaiel le 10 février 1944.

Il rejoint par voie aérienne Trapani, en Sicile à la date du 16 avril 1944.

Le 6 juillet 1944 il arrive à Rome avec l’ensemble de son régiment. Le 14 juillet 1944 est célébré par une prise d’armes et un office religieux en l’église Saint-Louis-des-français à Rome. Le pape Pie XII bénit les fanions régimentaires à Saint-Pierre.

L’entrainement rigoureux se poursuit jusqu’au 5 septembre 1944, date à laquelle il touche le sol métropolitain sur le terrain de Valence-Chabeuil. Le 1er RCP quitte Valence le 28 septembre, remonte la vallée du Rhône, à destination de La Rochotte dans le Val d’Ajol (70) avant de rejoindre Rupt-sur-Moselle le 1 octobre 1944.
Il connait son baptême du feu durant toute la campagne des Vosges du régiment et il y participe du 2 au 22 octobre 1944.
Il se distingue en particulier le 6 octobre 1944, lors de la prise du Mesnil, en obtenant une première citation à l’ordre du Régiment :
» Servant de pièce de mitrailleuse, durant la campagne de France a constamment fait preuve de courage et du plus grand sang-froid. S’est particulièrement distingué le 6 octobre 1944 dans les Vosges, en pénétrant un des premiers dans le village du Mesnil, malgré la présence de 3 chars ennemis tirant à moins de 150 mètres; a participé avec sa pièce au nettoyage des maisons en un temps record et à l’arrêt net d’une contre-attaque ennemie. »
Cette citation comporte l’attribution de la Croix de Guerre 1939-1945 avec étoile de bronze.

A la fin de cette campagne, Paul Muscat est dirigé vers Saulx-de Vesoul puis Lons-le Saulnier le 6 novembre 1944, date à laquelle le poste de commandement(PC) du 1er RCP s’installe au château d’Arley.


Le 7 décembre il fait mouvement vers Gerstheim(sud de Strasbourg) en Alsace. Du 7 au 22 décembre 1944 le 1er RCP est rattaché à la 2ème Division Blindée (2èmeDB) du Général Leclerc.

Paul Muscat participe à l’éprouvante campagne d’Alsace du 8 décembre 1944 au 19 février 1945.
Blessé il est évacué sur l’hôpital de Lure le 26 décembre 1944. Il rejoint son unité à Sainte-Marie-aux-Mines le 9 janvier 1945.
Du 25 au 30 janvier 1945, Paul Muscat participe aux terribles combats du village de Jebsheim contre les redoutables chasseurs alpins allemands de la 2ème Gebirgs Division.
Le 2 février 1945 au soir il fait mouvement vers Colmar et stationne dans la caserne Lacarre. Le 1er RCP en totalité participe le 8 février 1945 au défilé avenue de la République et sur la place Rapp devant le Général de Lattre.
Le 11 février 1945, pendant que la majorité des officiers, sous-officiers et chasseurs-parachutistes fête en ville la victoire, à 23h, une bombe à retardement soigneusement cachée par les allemands explose soudainement et détruit la partie centrale de la caserne Lacarre. 5 parachutistes sont tués et 10 autres blessés…ils sont les dernières victimes de la campagne d’Alsace.

Le 19 février 1945, le 1er RCP quittent Colmar pour se rendre à Lons-le-Saulnier où les survivants vont récupérer de leur deux mois de terribles combats.

Le 3 avril 1945, Paul et ses camarades se dirigent vers Avord pour être « reconditionnés » en vue d’opérations projetées futures. Une école de sauts est créée pour parfaire l’entrainement et breveter les nombreux FFI du bataillon Hémon qui ne le sont pas.
Paul Muscat est nommé au grade de caporal à compter du 1 avril 1945 par le Lieutenant-Colonel Faure qui commande le 1er RCP.

Il part en permission le 1er juin et il est démobilisé au centre de démobilisation n°201 de Blida en date du 25 août 1945.


Paul Muscat est décédé le 13 février 1995.
Nous remercions très sincèrement son fils Hervé et sa famille pour le partage de leurs archives familiales afin que nous puissions rendre hommage à Paul Muscat et ses camarades. Nous n’oublierons pas leur engagement au service de la France.
En complément Paul Muscat et ses camarades :











Georges LHOTELAIN 1920 – 1945

Robert L. O’Connor 1921 – 2011

Robert L. O’Connor – colorisation klm127.
Bob was born near Lucas in Gregory County South Dakota on Sept. 29, 1921.
He attended school in Burke, Pierre, and Sioux Falls where he graduated from Cathedral High School in 1939. Bob enrolled at Augustana College where he played on the 1942 Championship football team.
With only one semester left, 20 year old Bob enlisted in the armed forces along with the rest of his football team. During World War II, Bob was a combat infantry man with the 75th Infantry Division. He was in Battle of the Bulge during the Ardennes Campaign, Colmar Campaign, and Central European Campaign. His military awards include the Bronze Star, 3 Campaign Stars, and the Sterling Silver Expert Rifle Badge. Following the end of World War II, he marched in the New York City Victory Parade.

He graduated from Augustana College in 1946 and the University of South Dakota Law School in 1949. Following graduation he worked for the FBI in Washington, DC. He practiced law in Sioux Falls for 56 years. His office was across the street from the courthouse, a familiar place to all his clients and friends. In 1999 the South Dakota Bar Association recognized him for serving his profession with distinction and honor for 50 years. He retired in 2005.
As chairman of the Minnehaha Co. Democratic Party, Bob was one of the cofounders of the Democratic Forum. He welcomed presidential candidate, Senator John F. Kennedy when he came to Sioux Falls in 1960. Bob greeted President Harry S. Truman at the Harry Truman Bean Feed fundraiser.
In 1957 he married Eileen Dolan at St. Teresa Catholic Church in Beresford, SD. Bob was a 50 year member of Christ the King Catholic Church where he served as an usher. As an avid sportsman, he coached his son’s baseball team and could be often heard coaching his children and grandchildren from the sidelines. Bob attended all of his children’s and grandchildren’s activities. He enjoyed speaking to classes on World War II, traveling, playing bridge, watching football and baseball, and woodworking. Bob was an avid reader who wrote a book on his experiences in World War II.
Bob will be greatly missed by his wife Eileen of 54 years, and his 5 children Kate (Gary) Schnack, Austin, TX; Kim (Matt) Metzgar, Elk Point, SD; Kay (Mark) Bryant, Eagan, MN; Karol (Larry) Eckel, Rochester, MN; and Robert O’Connor, (special friend, Maureen Keeley), Sioux Falls. He is survived by grandchildren Chris Bolin, Hope and Tony Metzgar, Emily and Kelly Bryant, Leo, Theresa, Tom and Greta Eckel. He was preceded in death by his father, Vincent, mother, Gertrude and his two sisters, Gwen Broman and Ruth DeBelser.
Bob was a champion of the less fortunate. He will be remembered for his honesty, generosity, kind nature and great sense of humor.
Robert O’Connor, 90, of Sioux Falls, died Wednesday, October 12th at the Veterans Administration medical center following a courageous battle with ALS.
Gilman M. MARTIN 1924 – 1945

Leon FOLTZER 1924 – 1945

Je m’appelle Léon Foltzer, je suis né le 1er décembre 1924 à Ribeauvillé dans le département du Haut-Rhin(68).

Avant que la guerre éclate, j’exerce le métier de cuisinier.
Le 25 août 1942, l’incorporation de force des Alsaciens-Mosellans dans l’armée allemande est actée par le Gauleiter Wagner.
Par patriotisme et pour rester français, je fuis l’Alsace, traverse les Vosges et me rends à Agen(47) dans le Sud-Ouest de la France où réside des membres de ma famille, expulsés en 1940 par les nazis car francophile. Je trouve un travail civil comme forestier dans les Landes.

En 1944, je rentre en résistance et participe à plusieurs coups de main avec le Corps Franc Maurice Adam. En particulier le 1er juin 1944 à Lerm-et-Musset(33) en Gironde contre une colonne allemande.

Le 22 octobre 1944, je m’engage dans la Première Armée Française chez les « marsouins » du 6ème Régiment d’Infanterie Coloniale (6ème RIC) de la 9ème Division d’Infanterie Coloniale (9èmeDIC).

Je suis affecté comme soldat de 2ème classe, à la 7ème Compagnie (7èmeCie) du 2ème Bataillon du 6èmeRIC.

Du 15 novembre au 19 novembre 1944, je participe aux combats de la Boucle du Doubs du côté de Colombier-Fontaine(25) près de Montbéliard(25).

Le 10 décembre 1944 Léon et ses camarades libèrent le village de Kembs-Loechlé et l’usine hydroélectrique.


Le 20 janvier 1945, jour du déclenchement de la grande offensive au nord de Mulhouse, je traverse la rivière Doller à hauteur de l’usine Manurhin vers 12h00. Ma compagnie(7ème Cie), a pour ordre d’investir avant la tombée de la nuit, le village de Kingersheim(68).

Avec ma section, je quitte le village d’Illzach(68) conquis à 16h00. A 17h00, je suis mortellement blessé entre ces deux villages par un éclat d’obus de mortier…j’ai 20 ans à peine.

Je repose à la Nécropole Nationale des Vallons à Mulhouse à côté de mes frères d’armes avant de trouver mon dernier repos au cimetière communal de Ribeauvillé, village qui m’a vu naître et grandir.


Nous remercions sincèrement la Société d’Histoire de Kingersheim pour le partage de l’histoire tragique de Léon Foltzer et qui nous permet de lui rendre hommage pour le sacrifice ultime de sa vie afin de libérer son Alsace natale.
Albrecht ENGLERT 1924 – 2020

Jack H. MURPHY 1924 – 1945

Gabriel PALOMBA 1924 – 2016

Marceau HOEBLICH 1927 – 2006
